Street art, ateliers, performances… en septembre, Nîmes pousse les murs

Fresque par le graffeur Spone, voiture par Cédric Crouzy, un des fondateurs de la manifestation, lors de L’Expode ouf, en septembre 2015.

Dans les rues de Nîmes, Adec, Foa, L’Insecte et… autres graffeurs s’activent aux yeux de tous en ce début septembre. Echafaudages sur le trottoir et nacelles dans les airs, bombes et pots de peinture par dizaines sur les trottoirs : ils transforment murs, façades et portes de garage pour donner vie à L’Expo de ouf, dont la dixième édition sera lancée samedi 11 septembre. Des fresques monumentales sur les bâtiments, des expositions collectives, des ateliers d’initiation, des visites guidées dans ces coins peu prisés des touristes…

En moins de dix ans, L’Expo de ouf est devenue un événement attendu de la rentrée nîmoise, tout comme elle a modifié l’environnement des quartiers Gambetta et Richelieu. Les riverains qui donnent leur autorisation pour transformer durablement leurs maisons assistent à cet étonnant spectacle avec curiosité. Dans ces secteurs populaires qui jouxtent le centre-ville, les performances perdurent au fil des ans dans le dédale des vieilles rues, une parenthèse urbaine parfois même surnommée « Le Petit Berlin ».

Né au cœur de la ville

L’événement est pourtant né de manière spontanée et dans un tout autre décor, bien plus chic, au cœur de Nîmes. En 2013, Cédric Crouzy, alias Patate, un skateur, cherche un endroit « un peu différent » où lancer son ­fanzine consacré au street art. « Je voulais décloisonner les cultures alternatives, casser les codes, aller là où on ne nous attend pas, nous faire connaître. »

Il sonne à la porte de L’Appart. Ce lieu atypique appartient à Loïc Potez et Jean-Pierre Chambon, deux amateurs d’art, qui consacrent le premier étage de leur immeuble bourgeois à des expositions. Patate, lui, vient demander la permission de graffer directement les murs. « Nous avons dit oui, sans trop vraiment savoir à quoi nous attendre », reconnaissent maintenant les deux hommes. « Il y avait moyen de faire quelque chose d’énorme », se souvient Cédric Crouzy qui, avec le graffeur Supocaos, se met en ordre de marche.

En deux semaines, une dizaine d’artistes graffeurs investissent les 150 mètres carrés de L’Appart. Pas un coin des murs ne résiste à l’assaut. Et le soir de l’inauguration, 800 personnes, des skateurs aux réseaux mondains, sont au coude à coude pour découvrir cette métamorphose éphémère. Avec le recul, Loïc Potez avoue nourrir quelques regrets : « On leur avait demandé de rendre l’appartement comme ils l’avaient trouvé. Ils ont repeint tous les murs en blanc et il ne reste plus rien de cette performance. »

Il vous reste 56.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.