Sur la ligne ferroviaire Paris-Lyon, la bataille entre la SNCF et Trenitalia a commencé

Les bureaux de la compagnie italienne Trenitalia, à Rome, le 15 octobre 2021.

« Frecciarossa, le plaisir d’un voyage nouveau. » Rouge vif, la grande affiche surplombe le tableau des départs de la gare de Lyon, à Paris, telle une ombre écarlate planant sur la SNCF. Cette publicité est celle de la « Flèche rouge » (Frecciarossa), la marque du TGV de l’opérateur public italien Trenitalia, qui ne va pas tarder à concurrencer la SNCF sur la ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Lyon, la plus empruntée de France. Et la plus rentable.

Quand le premier compétiteur du TGV français va-t-il arriver ? La rumeur prédit le big bang pour la mi-décembre, à l’occasion de l’entrée en vigueur de la grille horaire 2022. Annoncée depuis des années, la menace, cette fois, est sur le point de se concrétiser.

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C’est donc tout sauf un hasard si la SNCF présentait, mardi 19 octobre, une rénovation de son offre TGV inOui sur la liaison… Paris-Lyon. L’opérateur français historique ne s’en cache pas. « Quarante ans, précisément, après son inauguration, et au moment où le marché s’ouvre à la concurrence, la ligne Paris-Lyon tourne une nouvelle page », déclare Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, l’opérateur des 13 000 trains de voyageurs quotidiens du groupe.

« Montée en gamme »

En fait, cette réponse, la SNCF la concocte depuis longtemps. Le développement du TGV low cost Ouigo sur presque une décennie en est l’élément le plus marquant. Mais la volonté affichée, à partir de 2019, par Trenitalia de se lancer sur Paris-Lyon l’a mobilisée encore davantage. Une équipe spécifique – nom de code interne « Riposte » – a été chargée d’affiner la défense de Voyages SNCF, l’entité qui gère les TGV et Intercités. « Notre stratégie pour Paris-Lyon repose, d’une part, sur les petits prix de Ouigo, d’autre part, sur la montée en gamme du TGV inOui », explique Alain Krakovitch, le directeur général.

Côté agressivité tarifaire, la SNCF s’est appliquée à verrouiller le marché. En juillet 2020, deux allers-retours en TGV Ouigo entre Paris gare de Lyon et Lyon Part-Dieu ont été mis en place. En mars 2022 s’ajouteront deux autres allers-retours Ouigo Corail à petite vitesse et à très petits prix (10 à 30 euros).

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Pour ce qui est de la montée en gamme, la SNCF a annoncé, mardi, le rajeunissement de la flotte de TGV inOui circulant entre Paris et Lyon. Dix-sept rames neuves de dernière génération vont remplacer les anciennes d’ici au début de 2022. Selon Jean Rouche, directeur de l’axe Sud-Est, ces trains seront à la fois plus confortables et plus denses : 556 passagers par rame simple, contre 509 auparavant. Un tour de passe-passe réalisé grâce à la suppression de nombreux carrés (sièges en vis-à-vis).

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