« Sweet Tooth », sur Netflix : une apocalypse pour toute la famille

Christian Convery, dans « Sweet Tooth », de Jim Mickle.

NETFLIX – À LA DEMANDE- SÉRIE

Depuis sa mise en ligne par Netflix, le 4 juin, Sweet Tooth ne quitte pas le classement des dix programmes les plus regardés de la plate-forme. Ce n’est pas une garantie de qualité (souvenons-nous du porno soft polonais 365 jours) mais cet engouement attise la curiosité. Pourquoi, au moment où la planète s’extrait laborieusement d’une pandémie qui a fait plus de 3,5 millions de morts, des dizaines de millions de survivants se précipitent-ils sur une série qui dépeint un monde ravagé par une maladie qui a non seulement exterminé la majorité de l’espèce humaine, mais a réduit en lambeaux ce qui restait du tissu social ?

Le titre de la série offre une piste. L’expression « sweet tooth » (« dent sucrée ») désigne les amateurs de confiseries. C’est le surnom que Tommy Big Man Jepperd (Nonso Anozie) a donné à Gus (Christian Convery), l’orphelin qu’il a recueilli. Ce penchant pour la douceur, celle qui fait les contes de fées, celle qui confond souvent la beauté et la joliesse, fait de Sweet Tooth un hybride presque inédit.

Les adultes y reconnaîtront un genre familier – la dystopie qui donne forme aux anxiétés collectives –, les enfants se retrouveront sur le terrain des récits d’aventures qui ont mené à bon port Tom Sawyer, Les Enfants du capitaine Grant ou le Jim Hawkins de L’Ile au trésor. S’il se trouve ces jours-ci un spectacle capable de rassembler adultes et enfants autour d’un écran, sans qu’aucune faction ne se sente lésée, c’est bien Sweet Tooth.

Entre l’horreur et l’émerveillement

L’hybridation est au centre de cet univers, tiré d’un comics de Jeff Lemire. En même temps que le virus se propageait, on a vu apparaître dans les maternités des nourrissons présentant des traits animaux : groin de cochon, fourrure de castor, griffes de paresseux. Gus est né avec des oreilles de cervidé et des bosses frontales. Quand on le rencontre, il est engoncé dans un porte-bébé, sur le ventre de son père (Will Forte) qui l’emmène au plus profond d’un parc naturel, à l’abri du reste de l’humanité. Là, l’enfant grandit en force, sinon en sagesse, développant la Sweet Tooth du titre grâce aux érables de la forêt.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pause séries : comment j’ai rencontré Stephen King, par le cinéaste Pablo Larrain

Ailleurs, le monde – comme il s’agit d’une série américaine, celui-ci se résume aux Etats-Unis – organise sa survie en sacrifiant sans états d’âme ceux de ces citoyens qui présentent les symptômes de la maladie, pendant qu’une milice pourchasse les enfants hybrides, accusés d’en être les vecteurs.

Il vous reste 32.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.