Taxe, publicité, campagnes d’arrêt… Les propositions de l’Inserm pour réduire le fardeau de l’alcool en France

Verres de champagne.

Première cause d’hospitalisation en France, l’alcool provoque 41 000 décès par an, dont 30 000 chez les hommes. « La mortalité attribuable à l’alcool est plus élevée en France qu’ailleurs en Europe », rappelle l’Inserm. Ces données sont présentées dans l’expertise collective « Réduction des dommages associés à la consommation d’alcool », rendue publique vendredi 4 juin. Après une analyse critique de 3 600 documents, les auteurs émettent trois grandes recommandations : durcir la réglementation, intensifier les messages de prévention et dépister systématiquement, avec un meilleur suivi.

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En 2017, Santé publique France avait fixé des repères de consommation à moindres risques : pas plus de deux verres d’alcool par jour et dix verres par semaine. « Il faut donc des jours sans consommation », souligne Guillaume Airagnes, psychiatre et addictologue à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) à Paris. Mais, en France, la consommation moyenne est de près de trois verres par jour et par adulte.

« Environ 23 % de la population [adulte] auraient une consommation à risque ponctuel et environ 7 % une consommation à risque chronique ou présentant la possibilité d’une dépendance », résume l’expertise. 24 % des hommes et 9 % des femmes adultes ont une consommation à risque. Chez les 18-35 ans, ces taux concernent 30,7 % des hommes et 12,9 % des femmes. Et chez les plus de 50 ans, 35 à 37 % des hommes et 13 à 14 % des femmes. A tout âge, « on est moins dans une consommation chronique et davantage sur des alcoolisations ponctuelles et massives [“binge drinking”] », souligne Guillaume Airagnes.

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Les femmes biologiquement plus vulnérables

L’alcool est « une drogue, une molécule cancérigène et toxique pour de nombreux organes, (…), responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies », écrivent les experts. Les femmes ont une plus grande vulnérabilité biologique. Sur les 41 000 décès attribuables à l’alcool, 16 000 sont liés à des cancers, 9 900 à des maladies cardio-vasculaires, 6 800 à des maladies digestives, 5 400 à une cause externe (accident ou suicide) et plus de 3 000 à une autre pathologie (maladies mentales, troubles du comportement…). Par ailleurs, « plus de la moitié des personnes qui ont des problèmes avec l’alcool ont des troubles cognitifs », indique Guillaume Airagnes. Qui précise aussi : « La moitié des dommages liés à l’alcool concerne des personnes qui ne sont pas dépendantes. »

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