Taxonomie, Arenh, Hercule : les trois casse-tête d’EDF

Ce sont les trois cauchemars qui hantent les nuits des dirigeants d’EDF, car ils déterminent une bonne partie de son avenir. Les trois sont en négociation à la Commission européenne.

La taxonomie. Avec cette classification jargonneuse, Bruxelles espère orienter les flux financiers européens vers des activités durables et faiblement émettrices de carbone. Mais depuis que la Commission européenne cherche à établir cette liste, la question du nucléaire suscite d’intenses débats entre les défenseurs de l’atome, menés par la France, et ses détracteurs, guidés par l’Allemagne.

Pour EDF, l’enjeu est aussi crucial que multiple : si la taxonomie n’intègre pas le nucléaire, le groupe sera dans l’impossibilité d’émettre des obligations vertes pour financer son futur parc nucléaire. Concrètement, cela veut dire que ses émissions obligataires seront plus coûteuses et que les équations économiques du nucléaire seront encore renchéries. Par ailleurs, les investisseurs privés, comme les banques, risquent de ne plus vouloir financer de quelconques projets liés au nucléaire. C’est ce qui fait dire au patron d’EDF que les industriels chinois ou russes, qui pourront compter sur leurs banques pour préfinancer des projets à l’export, seront avantagés par rapport à l’industrie tricolore. Une décision de Bruxelles est attendue très prochainement.

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L’Arenh. C’est le prix auquel les concurrents d’EDF lui rachètent l’électricité d’origine nucléaire. Créé en 2012, au moment de l’ouverture à la concurrence des marchés, l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) avait pour objectif de faire émerger de nouveaux acteurs de l’électricité, au côté de l’ancien monopole de l’énergie favorisé par son nucléaire historique. Mais depuis sa création, EDF reproche à l’Arenh de lui être automatiquement défavorable : côté pile, les prix de marché sont inférieurs à l’Arenh et les concurrents sont favorisés ; côté face, les prix sont supérieurs et c’est un manque à gagner pour EDF.

Ces derniers mois, avec la flambée des prix de l’électricité, les débats sont repartis de plus belle entre d’un côté EDF, qui réclame l’augmentation ou la disparition pure et simple de l’Arenh (aujourd’hui fixé à 42 euros le MW/h), et, de l’autre, ses concurrents et les industriels qui demandent une augmentation de son plafond (100 TWh/an) pour bénéficier des prix bas de l’électricité nucléaire. D’ici à 2025, le gouvernement doit proposer un nouveau mécanisme pour remplacer l’Arenh. C’était notamment l’objectif du projet Hercule, qui, dans sa dernière version, fixait l’Arenh à 48 euros le MW/h.

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