Tesla et son « Autopilot » visés par une enquête après une série de onze accidents aux Etats-Unis

Un modèle 3 de Tesla, pris le 9 juillet 2018 à Littleton, Colorado (Etats-Unis).

Le rêve automobile d’Elon Musk serait-il en train de tourner court ? L’une des technologies-phares du fondateur californien de Tesla, son assistant à la conduite Autopilot, est visé par une enquête préliminaire de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence américaine chargée de la sécurité routière, a annoncé cette dernière lundi 16 août.

Cette nouvelle survient après une série de onze accidents répertoriés impliquant un des véhicules du groupe dirigé par Elon Musk. L’enjeu de l’enquête sera « de mieux comprendre les causes de certains accidents liés à Tesla », en étudiant « les techniques mises en place pour surveiller, assister et faire respecter l’engagement du conducteur dans la conduite pendant son utilisation », a déclaré la NHTSA. L’enquête porte sur 765 000 véhicules (tous parmi les modèles Y, X, S et 3), soit la quasi-totalité des véhicules vendus par Tesla aux Etats-Unis depuis le début de l’année 2014.

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Un mort et dix-sept blessés

L’assistant à la conduite de Tesla fait l’objet de nombreuses polémiques après une série d’accidents ayant impliqué des véhicules de la société. En 2016 en Floride, un premier accident mortel avait eu lieu sur une voie rapide alors que le pilote automatique était activé. A une intersection, la voiture a percuté un poids lourd qui lui avait coupé la route afin de tourner à gauche. En raison d’un « ciel lumineux », « ni le pilote automatique, ni le conducteur n’ont détecté le flanc blanc de la remorque, affirmait l’entreprise fondée par Elon Musk, dans un message publié sur son site Internet. Les freins n’ont donc pas été enclenchés ». Le conducteur était mort sur le coup.

Les onze accidents sur lesquels travaillera l’agence américaine de la sécurité routière sont plus récents : ils se sont produits depuis janvier 2018 en Californie, en Floride, dans le Michigan et au Texas, entraînant la mort d’une personne et des blessures pour dix-sept personnes.

En tout, depuis juin 2016, la NHTSA a recensé 31 accidents impliquant des systèmes d’aide à la conduite partiellement automatisés. Vingt-cinq d’entre eux impliquaient le système Autopilot de Tesla, faisant dix morts parmi les conducteurs ou les passagers, selon les données publiées par l’agence.

Sollicitée par l’Agence France-Presse, Tesla n’avait pas réagi dans l’immédiat à l’ouverture de cette enquête.

Loin de l’autonomie complète

Le nom même de la technologie proposée par Tesla, « Autopilot », fait débat alors qu’aucune voiture d’aucun constructeur n’est aujourd’hui techniquement en mesure de proposer aux automobilistes un véhicule à la conduite entièrement autonome. « Toutes les voitures disponibles aujourd’hui requièrent un contrôle humain tout le temps », explique la NHTSA.

Le constructeur automobile américain dirigé par M. Musk ne dit pas l’inverse, rappelant sur son site Internet que sa technologie exige « une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome ». Mais Tesla, qui a affiché un bénéfice net de 1,14 milliard de dollars au deuxième trimestre 2021 grâce à la livraison d’un nombre record de véhicules, supérieur à 200 000 unités, est souvent pris dans un double langage. Lors d’une conférence en début d’année, Elon Musk affirmait que l’autonomie complète deviendrait « évidente (…) dans l’année ».

En 2015, le milliardaire américain disait qu’un véhicule entièrement autonome serait disponible dans les deux ans. Malgré les milliards de dollars de recherche et développement au fil des années, Tesla évolue toujours dans la catégorie 2 sur l’échelle d’autonomie fixée par l’organisation professionnelle Society of Automotive Engineers, loin de la cinquième marche, synonyme d’autonomie complète.

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Le Monde avec AFP et AP