TF1 et M6 étudient la vente de certaines de leurs chaînes, dont Gulli et 6Ter

Comment bien habiller la mariée ? Pour TF1 et M6, qui souhaitent fusionner, les grandes manœuvres ont commencé. Les deux groupes audiovisuels français doivent obtenir l’aval du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de l’Autorité de la concurrence pour convoler ensemble. Parmi les chantiers en cours, figurent la cession de certaines chaînes.

Ensemble, TF1 et M6 possèdent dix canaux, mais le CSA interdit à un groupe d’en détenir plus de sept. Or, les deux Français doivent demander le renouvellement de leur autorisation qui arrive à échéance en 2023. A cette date, ils seront censés avoir bouclé leur fusion, s’étant donné jusqu’à fin 2022 pour y parvenir.

TF1 et M6 ont donc entamé un premier tour de piste informel afin de savoir qui serait intéressé par certaines chaînes. Selon nos informations, TF1 serait prêt à se passer de TFX et de TF1 Séries Films et M6 évoquerait Gulli et 6Ter. « Ils proposent aux potentiels acquéreurs de prendre au choix une, deux ou trois chaînes. Leur option numéro un est d’en vendre trois sur les quatre », dit un patron audiovisuel, qui évalue un pack de trois chaînes à 200 millions d’euros. Pour M6, se séparer de Gulli apparaît comme un revers : le groupe avait racheté cette chaîne au prix fort de 215 millions d’euros il y a seulement deux ans.

Les opposants à la fusion tempêtent

S’ils n’y parviennent pas, Nicolas de Tavernost, le patron de M6, serait aussi prêt à « rendre la fréquence de TNT [télévision numérique terrestre] payante Paris Première », fait savoir un autre protagoniste. « La TNT payante n’a plus de valeur, les distributeurs ne veulent plus les rémunérer », poursuit le même professionnel.

Si TF1 se refuse au moindre commentaire, M6 de son côté affirme que « la réflexion sur les chaînes n’est pas encore engagée ». De bonne source, le processus est à ce stade encore informel. TF1 a choisi la banque Rothschild et M6 sa concurrente Lazard pour s’occuper de la fusion.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Projet de fusion entre TF1 et M6 : les bans d’un mariage à haut risque

« La seule crainte de Nicolas Tavernost, c’est que personne ne veuille des chaînes », analyse un patron du secteur. Mais la démarche du duo de l’audiovisuel français fait déjà hurler certains des opposants au rapprochement. « Ces chaînes font de petites audiences, TF1 et M6 conserveraient quand même 75 % du marché publicitaire et quatre chaînes dans le top 10 », tempête un concurrent, certain que l’opération « aura bien lieu », et appelant à de « véritables remèdes ». Entre le 6 et le 12 septembre, TFX réunissait 1,3 % des téléspectateurs, Gulli 1,1 %, TF1 Séries Films 2,2 %, et 6Ter, 1,3 %. « Il ne faut pas qu’on nous laisse des miettes », poursuit celui qui pointe aussi une menace pour le pluralisme de l’information.

Il vous reste 22.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.