« The Beatles : le monde est à eux », sur Arte : huit jours par semaine dans la Beatlemania

Le réalisateur Ron Howard, Ringo Starr et Paul McCartney, au One On One Tour 2016 à Las Vegas.

ARTE – VENDREDI 6 AOÛT À 22 H 40 – DOCUMENTAIRE

Jeune acteur, notamment dans le film American Graffiti (1973) et la série télévisée Happy Days (1974-1984), puis réalisateur dans divers registres, dont la comédie (Splash), le fantastique (Willow), le film d’action (Backdraft, Apollo 13, Da Vinci Code…), ou le drame (Une ode américaine), l’Américain Ron Howard s’est aussi intéressé à la musique par le biais de documentaires. Dont The Beatles : Eight Days a Week, beau succès critique sorti en salle en 2016.

Déjà présenté en octobre 2018 par Arte, sous le titre Le monde est à eux, à la place de son titre original tiré d’une de leurs chansons, le film est rediffusé par la chaîne culturelle. Traduire en français est louable, mais pourquoi pas littéralement « huit jours par semaine » ? Qui est, certes, suivi dans la chanson par la formule I Love You (« je t’aime »), mais qui dit bien ce qui est montré ici : l’enchaînement frénétique de concerts, les séances de promotions, d’enregistrements… quotidien sans fin de John Lennon (1940-1980), George Harrison (1943-2001), Paul McCartney et Ringo Starr au début des années 1960.

Lire aussi : The Beatles, leurs mélodies ont accompagné les rêves de toute une génération

Réalisé de manière classique, avec des extraits d’actualités, d’émissions à la télévision et à la radio et des entretiens – Lennon et Harrison à partir d’archives, McCartney et Starr pour l’occasion, les actrices Sigourney Weaver et Whoopi Goldberg qui, jeunes, ont vu le groupe, le musicien Elvis Costello… –, le film vaut surtout pour ses documents. Collectés auprès de fans, de proches, de télévisions ou de radios et restaurés, ils étaient alors inédits pour le grand public ou rarement montrés.

Le studio comme terrain de jeu

Des premiers concerts dans les clubs à Liverpool, puis à Hambourg, Ron Howard avance vers la Beatlemania, rapidement partout, jusqu’à la décision du groupe d’arrêter les concerts, fin août 1966, et de faire du studio son terrain de jeu. Les petits lieux sont devenus des salles de plus en plus prestigieuses, des stades. Les Beatles vont d’un avion à l’autre, d’un lieu à l’autre, avec l’accompagnement incessant des cris du public. Lors des conférences de presse, les passages à la télévision, ils se protègent par des blagues, de légères insolences. Leurs rares moments d’intimité sont photographiés, filmés.

Le réalisateur y ajoute des repères historiques. L’assassinat du président Kennedy, la menace d’un conflit nucléaire, des manifestations contre la guerre, le racisme, la conquête spatiale… Un épisode peu connu est rappelé. Les Beatles firent plier les organisateurs d’un concert prévu à Jacksonville, en Floride, en septembre 1964, en annonçant qu’ils ne joueraient pas si le public noir ne pouvait se mêler au public blanc, la séparation existant encore en dépit de l’adoption du Civil Rights Act le 2 juillet, qui met fin à la ségrégation. L’historienne Kitty Oliver, 15 ans, y avait assisté. Elle en est encore émue.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Billie Eilish, Médine, les Beatles… le documentaire musical tourne à plein tube

Après 1966, saut temporel jusqu’au concert privé sur le toit de la maison de disques des Beatles, le 30 janvier 1969, qui venait conclure le film Let It Be de Michael Lindsay-Hogg, sorti en 1970, un mois après la séparation du groupe. Un autre réalisateur de fiction, Peter Jackson, l’homme du Seigneur des anneaux au cinéma, a eu accès aux dizaines d’heures de rushes du tournage, qui ont donné lieu à un montage pour une mini-série. La diffusion est prévue fin novembre sur Disney +.

The Beatles : le monde est à eux, de Ron Howard (EU, 2016, 106 min).