Thomas VDB, adoucisseur d’un monde en surchauffe

Thomas VDB le 16 septembre 2021 à L’Européen, à Paris.

Depuis la rentrée, Thomas VDB se sent « comme sur un petit nuage ». « C’est la première fois que je démarre un spectacle avec un tel sentiment de confort », sourit de bonheur l’humoriste, qui affiche complet cet automne au théâtre L’Européen, à Paris, avant d’enchaîner une tournée dans toute la France. A 44 ans, Thomas – de son vrai nom – Vandenberghe s’est forgé un public mélangeant fidèles de longue date, qui connaissent son passé de journaliste musical, amateurs de ses anciennes collaborations avec Monsieur Poulpe ou le Palmashow et auditeurs de France Inter où, depuis sept ans, il fait partie de la bande de chroniqueurs de Charline Vanhoenacker.

Avec ses cheveux en bataille, sa dégaine d’éternel ado, sa gouaille nonchalante et sa bonhomie, Thomas VDB utilise avec aisance son « tempérament de médiateur, d’adoucisseur » pour faire rire sans démagogie sur l’état de notre planète. La réussite de Thomas VDB s’acclimate, titre de son nouveau one-man-show, tient beaucoup à sa rencontre, il y a quelques années, avec Audrey Vernon. Cette comédienne humoriste « écocombattante », qui a sillonné les usines avec son spectacle Comment épouser un milliardaire ?, est devenue sa compagne. « Ce spectacle ne serait pas ce qu’il est sans elle, reconnaît-il. Audrey m’a fait grandir. Elle se documente énormément sur la violence économique du monde, sur les ravages environnementaux. J’ai appris à regarder par son prisme. » Audrey Vernon l’a aidé « sur le fond », et Navo, le complice de Kyan Khojandi, « sur la forme ».

« Style néorural »

Sur scène, l’ancien journaliste puis rédacteur en chef du magazine Rock Sound (de 1999 à 2005) a troqué son vieux tee-shirt de fan de rock et son jean usé contre une chemise à carreaux, un bleu de travail et une paire de bretelles. « Un peu néorural comme style », dit-il en rigolant lorsqu’il nous reçoit dans sa jolie maison à Etampes (Essonne). Voilà quatre ans qu’il a quitté Paris avec femme et enfants. Comme il le raconte dans son spectacle : « On a regardé les prix, on a choisi l’Essonne ! » Et tant pis s’il se retrouve à 55 kilomètres de la capitale alors qu’il n’a pas le permis de conduire – « J’ai beaucoup trop peur en voiture ». Au moins à Etampes, il a toute la place nécessaire pour ranger ses centaines de vinyles et de cassettes, vestiges de sa vie d’avant.

Thomas VDB : « J’ai mis le rétroviseur personnel dans mon bouquin et l’actualité du monde dans mon spectacle »

Après avoir raconté dans ses précédents shows ses tribulations dans le monde de la musique, Thomas VDB a non seulement accouché d’un spectacle désespérément drôle mais a aussi couché sur le papier ses souvenirs de jeunesse et ses anecdotes de journaliste musical dans Comedian rhapsodie. Un premier livre bourré d’humour, de légèreté et d’autodérision qui narre l’histoire d’un ado passionné de musique dont le petit fanzine mal agrafé du fan-club français du groupe de metal Korn finira par tomber entre les mains d’Yves Bongarçon [décédé en 2019], alors à la tête de Rock Sound. « J’ai mis le rétroviseur personnel dans mon bouquin et l’actualité du monde dans mon spectacle », résume-t-il.

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