Tim Berners-Lee, le créateur du Web, vend une copie de son code informatique pour 5,4 millions de dollars

Une partie du code informatique qui constitue l’un des piliers d’Internet.

Par nature, on ne peut pas acheter Internet : l’usage du socle informatique du réseau mondial est libre. Mais le 23 juin, la maison de vente aux enchères Sotheby’s a proposé l’un de ses piliers, une copie du code émis en exemplaire unique par l’un des principaux contributeurs historiques d’Internet, Tim Berners-Lee, créateur du Web – la « Toile », qui permet de naviguer de site en site. Et, après une folle semaine d’enchères, le 30 juin, un acheteur non identifié l’a acquise pour la somme de 5,4 millions de dollars, soit environ 4,55 millions d’euros.

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Ce code informatique est enregistré sous la forme d’un NFT (jeton non fongible), un fichier informatique verrouillé par un certificat d’authenticité sophistiqué comparable à celui qui protège les bitcoins. Ce NFT renferme les 10 000 lignes de code informatique rédigées au début des années 1990 par Tim Berners-Lee, dûment datées, ainsi qu’une capture d’écran de l’intégralité de ce code, et une vidéo de trente minutes montrant ces lignes défiler.

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Œuvres de charité

Le NFT contient encore une lettre dans laquelle le scientifique explique les conditions dans lesquelles ce code source a été créé. Il y explique notamment son principal apport qui réside en trois innovations : l’URL, une adresse unique permettant d’identifier mondialement chaque document, le HTML, le langage informatique dans lequel les pages Internet sont encore aujourd’hui souvent rédigées, et le HTTP, les règles de communication qui permettent notamment à un navigateur Internet d’aller récupérer des informations sur un ordinateur distant.

Le chercheur s’est défendu auprès du Telegraph de l’accusation de mercantilisme en comparant cette initiative à la vente d’un livre dédicacé, ou à la tenue d’une série de conférences. « C’est totalement aligné avec les valeurs du Web », a-t-il déclaré au quotidien britannique.

« Je fais des choses de ce type, qui impliquent de l’argent, mais le Web demeure libre et ouvert. Nous aurons encore et toujours à nous battre pour qu’il le demeure, en luttant notamment pour sa neutralité (…). J’ai toujours été intéressé par la possibilité d’utiliser les NFT pour financier des gens créatifs comme des musiciens et des artistes (…). Il est utile, dans l’univers numérique, d’avoir la possibilité de produire l’équivalent d’un objet. »

Selon Sotheby’s, les gains de cette vente iront à une bonne cause choisie par le scientifique et sa femme.