Timbres-poste : un été philatélique… à la carte

Si l’été du timbre a été marqué par l’annonce d’une nouvelle hausse des prix pour 2022 – le timbre rouge coûtera 1,43 euro contre 1,28 euro aujourd’hui –, La Poste a aussi profité de cette période pour émettre une avalanche de timbres. Avec une grande diversité de thématiques et de lignes graphiques.

La plupart sont d’ores et déjà en vente, dans de nombreux bureaux ou sur le site de la boutique postale.

« Jeux d’échecs. L’art du jeu. Jeu dans l’art », mise en page d’Etienne Théry. Carnet en vente générale depuis le 21 juin.

C’est le cas du carnet « Jeux d’échecs. L’art du jeu. Jeu dans l’art », à 12,96 euros, tiré à 200 000 exemplaires – un relatif petit tirage. Il contient six timbres illustrés par des échiquiers et leurs pièces, ainsi que six timbres qui renvoient au regard d’un artiste sur le jeu d’échecs (Vieira da Silva, Vasarely, Dora Maar, etc.).

« Le Petit Prince. 75 ans », mise en page de l’oeuvre de Saint-Exupéry par David Benmussa. Le Petit Prince ® © Succession Antoine de Saint-Exupéry 2021

Le carnet sur « Le Petit Prince » (12,96 euros), édité à l’occasion du 75e anniversaire de la parution de la première édition française de l’œuvre de Saint-Exupéry, a quant à lui été tiré à 3 millions d’exemplaires.

Version de 1998 pour ces timbres sur « Le Petit Prince », dessinés par Charles Bridoux d’après Saint-Exupéry, bande non dentelée (variété d’impression), vente sur offres Cérès philatélie de juillet 2021, cotée 4 500 euros tout de même...

Un timbre sur le Pavillon France de la 35e Exposition universelle a par ailleurs été émis à l’occasion de cet événement qui se déroulera à Dubaï du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022. Conçu par les cabinets d’architectes Atelier du Prado et Celnikier & Grabli Architectes, et mis en page par Youz, il est imprimé en héliogravure à 500 000 exemplaires.

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Ce timbre, à 1,50 euro, est « un hommage à la technique ancestrale de la gravure, cette technique monochrome capable de faire jaillir la lumière, les lumières, de l’obscurité », ont expliqué les architectes à La Poste. Il contient dans son titre le millésime « 2020 » erroné, l’exposition ayant été reportée d’un an pour cause de pandémie…

« Pavillon de France. Expo 2020 Dubaï ». Création Atelier du Prado et Celnikier & Grabli Architectes, mise en page Youz, © Cofrex.

Nouvelles couvertures pour la « Marianne »

Un feuillet rond (9 euros) de six timbres à 1,50 euro sur les Jeux olympiques de Tokyo met à l’honneur six disciplines parmi lesquelles l’escalade féminine, le skateboard féminin, que les Jeux olympiques accueillent pour la première fois, et la breakdance masculine, inscrite aux JO de Paris. Dessiné par Sandrine Chimbaud, il est tiré à 300 000 exemplaires.

Bloc dessiné par Sandrine Chimbaud (d’après photos © Sport Presse - Mise en page : Agence Absinthe).

L’avion à énergie solaire « Solar Impulse » de Bertrand Piccard illustre un timbre à 1,08 euro conçu par Eloïse Oddos, tiré à 600 000 exemplaires. De mars 2015 à juillet 2016, cet appareil monoplace révolutionnaire avait parcouru en dix-sept étapes les plus de 40 000 kilomètres du premier tour du monde à l’énergie solaire.

« Solar Impulse. Pionnier de la transition écologique », timbre créé par Eloïse Oddos (d’après photo ©SolarImpulse/Rezo-Jean Revillard).

Un autre nouveau timbre à 1,08 euro porte sur Hunspach (Bas-Rhin), village préféré des Français en 2020. Il succède aux timbres parus sur Kaysersberg (Haut-Rhin) en 2017, Cassel (Nord) en 2018 et Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) en 2019. Tiré à 900 000 exemplaires, ce timbre est le deuxième signé David Lanaspa (plus réussi), après celui consacré à La Roche-sur-Yon en 2020.

« Hunspach. Bas-Rhin », timbre créé par David Lanaspa (d’après photos © Jean Isenmann/Onlyfrance.fr).

Le timbre à 2,56 euros sur la Faïencerie de Gien – qui fête son bicentenaire cette année – est dessiné par Broll & Prascida, gravé par Elsa Catelin, et imprimé en taille-douce (600 000 exemplaires). Il est complété par un bloc-souvenir à 6,50 euros qui en reprend le motif (30 000 exemplaires).

« Faïencerie de Gien. 1821-2021 », dessiné par Broll & Prascida, gravé par Elsa Catelin.

Le timbre sur la « Chapelle-Royale Saint-Louis. Dreux. Eure-et-Loir » à 1,28 euro et son bloc-souvenir à 4,50 euros sont dessinés et gravés par Line Filhon, et imprimés en taille-douce, et taille-douce et offset (tirages respectifs : 495 000 et 30 000). L’édifice se singularise par des vitraux réalisés par la Manufacure de Sèvres, d’après des œuvres de grands artistes de l’époque comme Ingres et Delacroix.

« Chapelle Royale Saint-Louis. Dreux. Eure-et-Loir », dessiné et gravé par Line Filhon.

Le bloc-feuillet « 400 ans. Jean de La Fontaine » (2,16 euros x 2, tiré à 310 000 exemplaires) et son bloc-souvenir (6,50 euros, 30 000 exemplaires) sont l’œuvre de Christophe Laborde-Balen. Il met en scène La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf, Le Loup et le Chien, La Poule aux œufs d’or, Le Lièvre et la Tortue, etc.

Bloc « 400 ans. Jean de La Fontaine » dessiné et gravé par Christophe Laborde-Balen.

Le timbre « Bijoux traditionnels de Méditerranée », à 1,50 euro, participe de son côté au concours (clôturé le 12 octobre) du plus beau timbre de l’Euromed postal, organisation qui réunit une vingtaine d’opérateurs postaux européens. Dessiné par Florence Gendre et imprimé en héliogravure à 495 000 exemplaires, il représente croix et bracelet en provenance du Musée de Provence d’Arles et une boucle d’oreille conservée au Grand Palais à Paris.

« Bijoux traditionnels de Méditerranée », timbre dessiné par Florence Gendre (Croix et bracelet : Cd13 - bijoux des collections du Museon Arlaten-musée de Provence, d’après photos © Sébastien Normand. Boucle d’oreille : d’après photo © RMN-Grand Palais (MuCEM) / image MuCEM).

Un carnet de douze timbres « France. Terre de tourisme » à 12,96 euros, tiré à 3 millions d’exemplaires, propose un tour de France des régions. Parmi les sites à l’honneur : le Puy de Sancy, le terril 74A situé à Loos-en-Gohelle (Pas-deCalais), la forêt de Fontainebleau, la Pointe du Raz, le désert de Platé (Haute-Savoie) ou encore le Colorado provençal (Vaucluse).

Un timbre sur « La Spéléologie » (1,50 euro) dessiné par Stéphanie Ghinéa s’inspire de photos de Philippe Crochet de plusieurs paysages et concrétions issus de trois
cavités : cavité Aven de Rose (plateau d’Albès, Hérault), étendue d’eau et stalagmite du lac de Minuit et grande stalagmite de la grotte de Trabuc (Gard), et fistuleuses de la grotte de Pousselières (Hérault).

La Poste a de plus mis en vente générale le 21 juin deux « collectors » de huit timbres sur la Nationale 7, « la route des vacances », dessinés par l’auteur de bandes dessinées Thierry Dubois (12 euros chacun). Puis, le 2 août, un collector de huit valeurs sur « La Route du poisson », dessinées par Alain Bouldouyre (12 euros). Cette « route » instaurée au XIIIsiècle fonctionna jusqu’au XIXsiècle entre Boulogne-sur-mer et Paris, jusqu’à l’arrivée du chemin de fer.

Un des deux collectors sur la route Nationale 7. Création de Thierry Dubois. Mise en page : Agence Huitième-Jour

A cela s’ajoutent de nouvelles couvertures de carnets autocollants de la « Marianne » d’usage courant, au tarif de la « lettre verte », faisant la publicité de la « Collection de France » (12,96 euros), et, au tarif de la « lettre prioritaire », sur le « Patrimoine de France » (15,36 euros).

A venir en septembre

L’été n’est toutefois pas terminé et plusieurs émissions sont encore programmées en septembre. Le 6 sera ainsi diffusé dans tous les bureaux de poste un carnet « Contes merveilleux » de douze timbres à 1,08 euro, vendu 12,96 euros.

Henri Galeron a mis en image des contes tirés des œuvres de Perrault, des frères Grimm, d’Andersen et des Mille et une nuits, comme Le Petit Chaperon rouge, Le Petit Poucet, Les Musiciens de Brême, Aladin, Peau d’âne, La Belle au bois dormant, La Princesse au petit pois.

Timbres issus du carnet « Contes merveilleux ». Création d’Henri Galeron.

Si les conditions sanitaires le permettent, le carnet tiré à 3,4 millions d’exemplaires sera vendu en avant-première vendredi 3 et samedi 4 septembre à la boutique philatélique de La Poste, au Carré d’Encre, dans le 9e arrondissement parisien. Henri Galeron y animera une séance de dédicaces le 3 septembre, de 10 h 30 à 12 h 30.

Le 13 septembre, un timbre à 2,56 euros (tarif de la lettre « prioritaire » de 100 grammes) de la série artistique, dédié à Camille Henrot, née en 1978, rend hommage à la culture de l’écrit. Il reproduit une œuvre de l’artiste intitulée « A mon humble avis », un poisson monture. Une créature étrange qui lit une lettre.

Création de Camille Henrot, mise en page Simon Dara.

Si, encore, les conditions sanitaires le permettent, le timbre de Camille Henrot, tiré à 450 000 exemplaires (en feuilles de neuf) sera vendu en avant-première vendredi 10 et samedi 11 septembre au Carré d’Encre.

Enfin, dernière production estivale, un bloc de quatre vignettes intitulé « La Terre et les hommes. La Terre nous nourrit, protégeons-la » est attendu le 20 septembre (4,32 euros). Il renvoie à l’agriculture durable, au circuit court, au bien-être et à la santé. Créé par l’illustratrice de presse Emilie Seto et tiré à 310 000 exemplaires, il sera vendu en avant-première vendredi 17 et samedi 18 septembre au Carré d’Encre.

Bloc de quatre timbres « La Terre & les hommes », dessiné par Emilie Seto.

Ces émissions estivales de timbres représentent un total de 164,36 euros.

Réimpressions de luxe de « classiques » du patrimoine philatélique français

Baudelaire, dessiné par Paul-Pierre Lemagny et gravé par Jean Pheulpin, 1951.

Le 6 septembre, pour la troisième année consécutive, la série « Patrimoine de France en timbres » inscrite sur cinq ans présente dix feuillets imprimés en taille-douce qui reprennent dix timbres parus en France entre 1938 et 1975, choisis par un comité d’experts, au travers de dix thématiques : arts et lettres, aviation, Croix-Rouge, la France de nos régions, histoire postale, personnages de l’histoire de France, patrimoine architectural de la France, sciences et techniques, sports et loisirs et transports.

Ces experts ont ainsi retenu dix timbres réimprimés spécialement pour cette collection : « Baudelaire 1821-1867 » (paru en 1951, dessiné par Paul-Pierre Lemagny et gravé par Jean Pheulpin), « Clément Ader » (1938, dessin et gravure d’Achille Ouvré), « L’Enfant à la cage », Croix-Rouge (1955, dessin et gravure de Jules Piel), « Martinique. Le Mont Pelé » (1955, dessiné par Paul-Pierre Lemagny, gravure de Charles-Paul Dufresne), « Journée du timbre 1952 » (1952, dessiné et gravé par Henry Cheffer), « Moulins. Le Jacquemart » (1955, dessiné et gravé par René Cottet), « Maréchal Foch » (1940, dessiné et gravé par Achille Ouvré), « Charles Tellier-Industrie du froid. 1828-1913 » (1956, dessiné et gravé par Claude Hertenberger), « Jeu de boules » (1958, dessiné et gravé par Raoul Serres) et le « Métro régional » (1975, dessiné et gravé par Georges Bétemps).

Napoléon Ier, dessiné et gravé par Albert Decaris, 1951. (© Adagp, Paris,).

Toutes les pochettes contenant les dix feuillets de dix timbres différents indivisibles sont accompagnées d’un feuillet cadeau numéroté reprenant le timbre Napoléon Ier, dessiné et gravé par Albert Decaris en 1951.

Chacun des dix feuillets comprend cinq timbres aux valeurs faciales suivantes : 3,84 euros au centre ; 1,50 euro pour les deux timbres de gauche et 1,08 euro pour les deux timbres de droite, soit un total de 9 euros par feuillet pour un prix de la pochette de dix feuillets différents de 90,00 euros (tirage : 10 000 exemplaires).