« Tralala », « Petite sœur », « Le Kiosque », « Mon légionnaire » et le décevant « Mourir peut attendre » : les films à voir (ou pas)

LA LISTE DE LA MATINALE

Une comédie musicale, un combat féministe, un film dans un théâtre, du cinéma dans un kiosque à journaux, le retour de James Bond… Cette semaine, le cinéma se présente sous toutes les coutures.

Mathieu Amalric, Maïwenn et Galatéa Bellugi dans « Tralala » des frères Larrieu (2021).
  • A ne pas manquer

« Tralala » : fantaisie musicale

Le Larrieu nouveau est arrivé ! Les frères Arnaud et Jean-Marie (55 et 56 ans), Lourdais d’origine, arpenteurs montagneux des miracles et des possibles, auscultent depuis vingt ans l’état critique d’une utopie qu’ils ne parviennent à s’ôter ni de la tête ni des semelles. Les deux hommes tournent cette fois à la maison, à Lourdes, village féerique frappé du sceau de la foi catholique, de la croyance au miracle et du commerce bien compris.

Lourdes, capitale de la procession, ne vaut au cinéma que lorsqu’on a le courage d’y faire un pas de côté. Trois forts ingrédients servent à cette fin à la fratrie Larrieu. Le premier est le vieux complice Mathieu Amalric, acteur sur le fil qui n’aime rien tant qu’offrir son intime vacillement aux grands chavirés de la profession. Le deuxième est la belle décision de se la jouer comédie musicale, en faisant interpréter par une grosse majorité de non-chanteurs des choses de goût, signées Bertrand Belin, Philippe Katerine, Dominique A, Etienne Daho, Jeanne Cherhal. Enfin, il y a bien sûr l’intrigue, qui a l’intelligence d’offrir une variation profane du canon lourdais : souffrance et maladie de l’âme, apparition providentielle, guérison miraculeuse. Par la grâce de Tralala, qui n’est autre que le nom du personnage interprété par Amalric. Jacques Mandelbaum

Film français d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu. Avec Mathieu Amalric, Mélanie Thierry, Josiane Balasko, Maïwenn, Galatéa Bellugi, Jalil Lespert (2 heures).

« Delphine et Carole, insoumuses » : le combat féministe de cinéastes

On ne peut pas prétendre connaître l’immense Delphine Seyrig (1932-1990) sans découvrir ce documentaire, qui témoigne de son engagement profondément féministe. Avec la documentariste Carole Roussopoulos (1945-2009) et la réalisatrice Ioana Wieder (née en 1932), Delphine Seyrig fut la cofondatrice, en 1975, du collectif Insoumuses, puis, en 1982, du Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir, dont la mission était de mettre « au cœur de leurs objectifs la conservation et la création des documents audiovisuels qui ont alors pu être recensés concernant l’histoire des femmes, leurs droits, leurs luttes, leurs créations ».

Nourri d’archives rares, le documentaire retrace le parcours de ces trois femmes, de leurs films faussement bricolés dénonçant avec un humour cinglant le patriarcat, y compris dans l’art, au cinéma ou à la télévision. Delphine Seyrig avait cette phrase qui résonne si justement aujourd’hui : « On a toujours vu les femmes [au cinéma] telles que les hommes les ont peintes. Et je pense qu’il est très important maintenant que les femmes commencent à se montrer elles-mêmes. » Clarisse Fabre

Il vous reste 80.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.