Transition énergétique : « La majorité des économistes estiment que, pour aller plus loin, il faut augmenter le prix des carburants fossiles »

A Londres (Royaume-Uni), le 24 septembre 2021.

Pertes et profits. En 1954, le président des Etats-Unis Dwight Eisenhower a raconté une histoire qui, depuis, fait phosphorer tous les spécialistes en gestion du temps. « J’ai deux types de problèmes, lui avait confié un président d’université, les urgents et les importants. Les urgents ne sont jamais importants et les importants ne sont jamais urgents. » C’est le dilemme du politique (et de chacun d’entre nous) : traiter l’urgence sans oublier l’importance. Nous y sommes aujourd’hui.

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A deux mois de la Conférence de l’ONU sur le climat à Glasgow (COP26), que le premier ministre britannique, Boris Johnson, a qualifié de « tournant pour l’humanité », l’envolée spectaculaire des prix de l’énergie en Europe rappelle une autre réalité, celle de notre dépendance aux énergies fossiles et de sa conséquence pour les particuliers et les entreprises. Les Français en gardent un souvenir cuisant puisque c’est la hausse des taxes sur l’essence qui avait allumé la mèche de la révolte des « gilets jaunes » en 2018. Et maintenant, alors que l’Europe savoure la reprise économique et multiplie les discours vertueux sur l’environnement, les problèmes de fin du mois s’invitent au sommet de la fin du monde.

Bouleversement industriel majeur

Si l’on compare ce nouveau choc pétrolier aux précédents, il serait injuste d’affirmer que rien n’a été fait pour réduire notre dépendance. Des pays comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou l’Espagne ont massivement développé les énergies renouvelables, qui représentent entre un quart et un tiers de leur production électrique, la France dispose d’une autonomie énergétique largement décarbonée grâce au nucléaire, et les normes sur l’automobile ou le bâtiment ont sérieusement réduit la consommation dans ces deux secteurs-clés, sans parler du bouleversement industriel majeur que va représenter la généralisation de la voiture électrique. Mais tout cela est insuffisant pour accélérer encore la transition énergétique et limiter le réchauffement de la planète.

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La majorité des économistes et la Commission de Bruxelles estiment que, pour aller plus loin, il faut augmenter le prix des carburants fossiles. La taxe carbone est au coin de la rue avec la généralisation du mécanisme de quotas carbone qui ne touche pour l’instant que les industries très consommatrices (électricité, sidérurgie, ciment…). L’extension de ce système à l’automobile et au bâtiment, en discussion à Bruxelles, et la montée du prix sont un préalable à l’instauration d’une taxe carbone aux frontières.

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