Transports publics : « Il reste trois ans et demi pour tout mettre en accessibilité »

Ce qui est un besoin pour les personnes en situation de handicap constitue un confort pour tous.

En dépit des efforts d’aménagement réalisés ces dernières années en ville – en particulier les métros et les bus interurbains – les transports publics restent un parcours du combattant pour les personnes à mobilité réduite. Progresser sur ces sujets est d’autant plus important que ce qui est un besoin pour les personnes en situation de handicap constitue un confort pour tous, seniors, femmes enceintes, personnes avec poussette, en incapacité physique temporaire, soit au total deux Français sur cinq.

Pour Carole Guéchi, déléguée ministérielle à l’accessibilité au ministère de la transition écologique, il est temps de considérer l’accessibilité non comme une contrainte mais comme un moyen de valoriser son patrimoine ou son service.

Dans une consultation APF-France handicap-IFOP, conduite en 2020, huit sondés sur dix se plaignaient de problèmes d’accessibilité lors de leurs déplacements. Où en est-on aujourd’hui de l’accessibilité dans les transports publics en ville ?

L’ordonnance de 2014 relative à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d’habitation et de la voirie pour les personnes handicapées a accordé des délais de trois, six ou neuf ans pour se mettre en conformité avec la loi handicap de 2005, qui tablait initialement sur 2015. Sous réserve de déposer un agenda d’accessibilité programmée (Ad’ap) avant le 31 mars 2019.

C’est dans les transports publics que les progrès sont les plus notables, contrairement à la voirie ou aux établissements recevant du public. Le transport ferroviaire, en particulier, a fait de gros efforts. Au total, fin 2020, on comptait 320 gares accessibles sur les 732 visés par les Ad’ap, dont 120 en Ile-de-France. Chaque fois, ce sont des travaux de plusieurs années, particulièrement coûteux, pour adapter la gare et rehausser les quais. Il reste trois ans et demi pour terminer. L’Etat, en tant que cofinanceur, vient de remettre 120 millions d’euros sur la table dans le cadre du plan France Relance pour tenter de rattraper le retard pris sur les chantiers, en raison du Covid-19…

Quid du métro, souvent présenté comme un vrai point noir de la chaîne de mobilité ?

Malgré les aménagements entrepris notamment pour aider les déficients psychiques et cognitifs, les sourds et malentendants ou encore les aveugles et malvoyants – installation de balises sonores pour le repérage des accès et des principaux services de la gare/station, dégagement des cheminements de tout obstacle, accompagnement des franchissements d’escaliers par des éléments de guidage et des dispositifs de repérage des marches, etc. – le métro, et notamment le métro parisien, reste très peu accessible aux personnes avec un handicap moteur.

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