Transports : une avance financière de plus de 1 milliard d’euros accordée à Ile-de-France Mobilités

L’intérieur d’un train amené à circuler sur la ligne 14 entre les stations Gare-Saint-Lazare et Mairie-de-Saint-Ouen, le 4 décembre 2020.

Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité régionale des transports, a annoncé, lundi 11 octobre, avoir obtenu du gouvernement le versement d’une aide financière de près de 1,1 milliard d’euros pour l’année 2021, ses revenus pour faire fonctionner les transports publics de la région ayant fortement diminué depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

Le ministère des transports a immédiatement fait remarquer que cette aide – dont 274 millions d’euros d’aide à la trésorerie – serait remboursable, et ne constitue pas une subvention. Elle doit encore être avalisée par le Parlement.

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« Après plusieurs mois de négociation, le premier ministre [Jean Castex] a accepté que l’Etat accorde à Ile-de-France Mobilités une aide », a annoncé IDFM, lundi, dans un communiqué. Les discussions sur ce sujet font l’objet d’un rapport de force entre Valérie Pécresse, la présidente d’IDFM et du conseil régional d’Ile-de-France, et l’exécutif depuis 2020. Pour les pertes de 2020, IDFM avait obtenu de l’Etat 1,16 milliard d’euros d’avance remboursable et 151 millions d’euros de subventions.

La SNCF et la RATP n’étaient plus payées

Valérie Pécresse réclamait des subventions directes cette année, non des avances remboursables. « On a toujours été très clairs sur le fait que cette crise Covid ne pouvait pas être payée par les usagers et qu’elle ne devait pas mettre en danger les investissements nécessaires à la régénération du réseau et au renouvellement du matériel roulant », expliquait à l’Agence France-Presse, à la fin de septembre, son bras droit, Grégoire de Lasteyrie.

« Les modalités de remboursement [de cette avance] seront étudiées avec l’Etat afin de ne pas entamer la soutenabilité financière d’IDFM à court et à long terme », a précisé, lundi soir, l’entourage de Mme Pécresse. La somme est en tout cas nettement inférieure au 1,3 milliard d’euros que demandait la présidente de l’Ile-de-France, mais elle va permettre à IDFM de reprendre ses paiements à la RATP et à la SNCF.

L’autorité régionale des transports avait en effet suspendu ses versements aux deux groupes publics, faute d’argent selon ses dirigeants – mais aussi pour faire pression sur le gouvernement. IDFM avait déjà arrêté de payer les deux entreprises pendant deux mois, à l’été 2020, pour les mêmes raisons. Mais la RATP et la SNCF n’ont pas pour autant cessé de faire rouler leurs trains, RER, métros, trams et bus, ni en 2020, ni cette année.

Désaccords sur le montant des pertes

Le manque à gagner dans les finances d’IDFM vient de la baisse du rendement du versement mobilité – taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de onze salariés, qui représente plus de 50 % des ressources d’IDFM – et des recettes venues des voyageurs – la billetterie représente environ 30 % des ressources.

L’Etat et IDFM ne sont pas d’accord sur le montant de ces pertes : si le ministère estime que le versement mobilité a retrouvé cette année son niveau d’avant la crise, l’équipe de Mme Pécresse constate une perte de 300 millions d’euros.

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L’aide accordée par le gouvernement cette année est jugée « très insuffisante par rapport aux besoins du réseau » et « laisse les finances d’Ile-de-France Mobilités en forte tension », selon le communiqué publié lundi après le conseil d’administration d’IDFM. « Dans ces conditions, Ile-de-France Mobilités sera contraint de revenir vers l’Etat en 2022 », année pour laquelle il anticipe actuellement une perte de 730 millions d’euros par rapport aux prévisions établies avant la crise, prévient déjà l’institution régionale.

IDFM prévoit que le versement mobilité ne retrouvera son niveau de l’avant-crise qu’en 2024, et qu’il rapportera ensuite moins que prévu. Même chose pour les ventes de billets, l’effet du télétravail étant à long terme estimé à 5 % des recettes tarifaires.

« Grâce à ce nouveau soutien, l’Etat montre qu’il est à nouveau au rendez-vous pour soutenir les investissements colossaux lancés sur le réseau de transports en commun en France », a commenté le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, cité dans un communiqué.

Le Monde avec AFP