Trêve entre les Etats-Unis et l’Europe dans leur différend sur l’acier et l’aluminium

Joe Biden en visite dans une usine d’aluminium, à Manitowoc (Wisconsin, Etats-Unis), le 21 septembre 2020.

L’Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont inauguré, dimanche 31 octobre, « une nouvelle ère » de leur relation – à défaut de pouvoir retrouver celle qui prévalait avant le mandat orageux de Donald Trump. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain, Joe Biden, ont annoncé avoir conclu une trêve dans leur différend commercial sur l’acier et l’aluminium, tout en affichant leur volonté de nouer un accord mondial sur une production décarbonée de ces matières, avec la Chine dans leur viseur.

En graphiques : L’acier et l’aluminium, une goutte d’eau des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe

Joe Biden s’est félicité d’« une avancée majeure » pour les Etats-Unis et l’UE, qui continueront d’« être les plus proches amis et partenaires », tandis qu’Ursula von der Leyen a déclaré que « la confiance et la communication » entre les deux partenaires avaient été rétablies. En suspendant ce conflit qui empoisonnait la relation transatlantique depuis 2018, Washington et Bruxelles veulent prouver la force retrouvée de leur partenariat. En réalité, les Européens ont dû faire de lourdes concessions pour y parvenir, signe que des tensions persistent.

Trop délicat

L’Europe exigeait que les Etats-Unis reviennent sur la décision – qu’elle dénonce comme « illégale » – de Donald Trump d’imposer des droits de douane supplémentaires de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium importés de l’UE. Un recul s’avérait cependant trop délicat pour Joe Biden, tant « le sentiment protectionniste reste fort aux Etats-Unis », rappelle l’économiste Jean-Christophe Defraigne, professeur à l’Université catholique de Louvain et de Saint-Louis. Le compromis a été de maintenir ces droits de douane, mais d’en exempter une certaine quantité des importations européennes, afin de permettre aux industries européennes de retrouver les « volumes historiques » de leurs échanges avec les Etats-Unis.

Malgré cela, l’Europe se voit toujours qualifiée de « menace pour la sécurité nationale » des Etats-Unis, selon les termes de Donald Trump

Dès le 1er décembre, elles pourront y exporter jusqu’à 4,4 millions de tonnes d’acier par an en franchise de droits de douane. Les quotas sont fixés à 18 000 tonnes pour l’aluminium primaire et à 366 000 tonnes pour les produits semi-finis. Washington précise que seuls l’acier et l’aluminium « fondus et coulés » dans l’UE bénéficieront de ces exemptions. Une manière de contrer les ruses des Chinois, qui traitent au minimum leurs matières en Europe avant de les exporter vers les Etats-Unis. En échange, Bruxelles va suspendre la surtaxation de produits américains comme le bourbon, les motos Harley Davidson ou les jeans. Cet accord a permis d’éviter une escalade de la guerre commerciale, car ces taxes devaient doubler au 1er décembre.

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