Trop petits, trop bas, trop sombres… Pour améliorer la qualité des appartements neufs, le gouvernement envisage un nouvel avantage fiscal

Travailleurs du bâtiment à Paris, le 6 septembre.

La qualité des appartements produits par les promoteurs – leur superficie réduite, leurs plafonds de plus en plus bas, leur conception incohérente, leur mono-orientation qui réduit la luminosité et empêche tout courant d’air en été, voire l’absence d’espaces de rangement et de cave – régresse depuis dix ans. Ce constat inquiétant est établi, une fois de plus, dans le rapport de l’architecte François Leclercq et du directeur de l’établissement public d’aménagement EpaMarne, Laurent Girometti, remis, ce mercredi 8 septembre, à la ministre du logement, Emmanuelle Wargon.

Ce travail vient corroborer les résultats d’une récente enquête de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (Idheal), « Nos logements, des lieux à ménager », rendue publique le 27 août. Elle mesurait ce recul avec précision, entre 2000 et 2020, à propos des logements vendus sur plan.

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Le rapport recoupe aussi le baromètre de l’association Qualitel, qui, chaque année, interroge les habitants sur leur degré de satisfaction dans leur logement et dont la dernière édition, parue en octobre 2020, soulignait « le manque criant d’espace et l’exiguïté des lieux », selon Bertrand Delcambre, son président, ainsi que le rapport de Pierre-René Lemas sur la qualité des logements sociaux, remis le 15 janvier. Les confinements ont, en outre, nourri le mécontentement des usagers et renforcé leur besoin d’espace.

« C’est un sujet qui me tient à cœur et j’ai bien l’intention d’y répondre rapidement, assure Mme Wargon. Les nouvelles exigences se sont focalisées sur les normes environnementales, les matériaux biosourcés, le bas carbone, les performances énergétiques et acoustiques, en oubliant la qualité d’usage, conception, distribution, orientation, espaces extérieurs, qui est un angle mort de la politique du logement. Pour que les citoyens acceptent la densification, des constructions près de chez eux, et pour rendre les villes attractives, il faut des logements désirables. »

Problèmes acoustiques

Le rapport Leclercq-Girometti insiste sur cinq points jugés cruciaux. La superficie globale, d’abord, ne devrait pas, pour un trois-pièces par exemple, être inférieure à 62 mètres carrés : « Certains trois-pièces neufs ne dépassent pas 57 mètres carrés, argumente l’architecte, et quelques mètres carrés de plus sont indispensables pour atteindre 27 mètres carrés dans le séjour cuisine et deux chambres avec placard d’au moins 10,5 et 12 mètres carrés. » Le rapport préconise une surface minimale de 28 mètres carrés pour un studio, 45 mètres carrés pour un deux-pièces, 79 mètres carrés pour un quatre-pièces et 96 mètres carrés pour un cinq-pièces.

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