Un 103e congrès très politique pour l’Association des maires de France

André Laignel, le premier vice-président délégué de l’AMF, durant le 102e congrès des maires de France, à Paris, le 21 novembre 2019.

Après une année d’interruption pour cause de crise sanitaire, l’Association des maires de France (AMF) tiendra à Paris, du 16 au 18 novembre, son 103e congrès. L’événement devrait réunir pas moins de dix mille participants et revêt cette année un intérêt particulier : premier congrès après les élections municipales de 2020 et la crise du Covid-19, dernier congrès avant l’élection présidentielle, dernier congrès de François Baroin à la présidence de l’AMF et, pour la première fois depuis un demi-siècle, concurrence et vote entre deux listes pour désigner son successeur. Autant d’ingrédients qui confèrent à ce rendez-vous une importance singulière. Le président de la République, Emmanuel Macron, devrait intervenir en clôture, a indiqué M. Baroin, mercredi 3 novembre, à l’occasion d’une présentation à la presse.

Depuis 2017, les relations entre l’AMF et le pouvoir exécutif ont été empreintes de défiance réciproque, d’incompréhension et, finalement, de confrontation. Alors que les crises successives qu’a traversées le pays – « gilets jaunes », Covid, pour les plus marquantes – ont obligé Etat et collectivités territoriales à faire front commun, à travailler ensemble, chacun dans son rôle, dans une logique de complémentarité.

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Ce n’est pas ce qu’en retient la plus ancienne association d’élus, qui a décidé de placer ce 103e congrès sous le thème « les maires en première ligne face aux crises ». « Ce sera un congrès d’hommage aux maires, indique M. Baroin. La crise a conforté le rôle indispensable et irremplaçable du maire comme pilier de la République. Une nouvelle génération s’est levée en 2020, qui s’est engagée tout de suite dans une situation exceptionnelle et s’est trouvée en responsabilité immédiate. » Le président de l’AMF entend faire de cette manifestation « un congrès d’interpellation des pouvoirs publics, un appel fort à la renégociation des relations entre l’Etat et les collectivités, à un nouveau partage des responsabilités ».

Les collectivités plus associées à l’Etat

L’AMF continue de considérer que le bilan financier de la crise du Covid pour les communes n’est pas soldé, malgré les dispositifs de soutien mis en œuvre par l’Etat. « Nous demandons la nationalisation des dépenses engagées par les communes. La facture du Covid pour les dépenses de fonctionnement s’élève à 5 ou 6 milliards d’euros, soutient le maire (Les Républicains) de Troyes. C’est incompréhensible pour nous que la prise en compte à 100 % n’ait pas été actée par l’Etat. »

Au-delà de ces exigences financières, l’AMF entend prendre « une initiative forte pour solliciter des engagements des candidats à l’élection présidentielle ». « Le défi, c’est la réorganisation des pouvoirs publics, enjoint M. Baroin. Le statu quo n’est plus possible, l’Etat doit se réorganiser. » Il entend enfin que les collectivités territoriales soient étroitement associées à la définition des investissements dans le cadre du plan France 2030, alors que leur trésorerie atteignait, fin juillet, un niveau record de 72 milliards d’euros. « On ne peut imaginer l’Etat préparer seul, sans les collectivités, les investissements pour 2030, relève l’ancien ministre du budget, puis de l’économie et des finances, de Nicolas Sarkozy. Ce serait un peu comme un coureur cycliste qui se lancerait dans la Grande Boucle sans vélo. »

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