Un apéro avec Anaïde Rozam : « Tu fais des vidéos dans ta chambre et, tout à coup, on t’invite à la télé »

Anaïde Rozam, Youtubeuse, humoriste et comédienne, au Café Princesse, rue Bichat à Paris, le 21 avril 2021.

On a rendez-vous pour l’apéro avec Anaïde Rozam au Princesse Café, rue Bichat à Paris (10e). A notre arrivée, le photographe est tout seul dans la rue et prend la devanture en photo : « Grosse production, hein ? Appelez-moi papi bricole ! », dit-il en plaisantant, sans qu’on comprenne vraiment la blague.

En entrant dans le café, la scène prend sens. Au milieu des cookies, brownies, stocks de bières artisanales et de vins bio, le photographe a déposé son flash dans le four, un parapluie de studio derrière la porte, puis il est sorti prendre la photo de l’extérieur. La jeune femme, connue pour ses vidéos sur Instagram, s’apprête à grimper sur une caisse de rouge de Loire, pour être visible au-dessus de la vitrine. « Bonsoir », s’exclame-t-elle, joviale, avant de renoncer au marchepied qui tangue dangereusement. Le moment n’est pas très princesse, dans son genre. « Ça fait pas un peu pub pour vendeuse de bière, là ? », s’amuse Anaïde Rozam. On entame notre premier verre en terrasse en discutant de son parcours.

Anaïde a 24 ans et jusqu’à très récemment, elle était une étudiante en psycho qui faisait du théâtre sur son temps libre et réalisait des vidéos dans sa chambre pour faire rire les copains. La psycho, elle l’avait choisie par défaut plus que pour faire plaisir à son père, pédopsychiatre aujourd’hui à la retaite. « Je voulais un truc simple, bon je me suis plantée sur le choix de filière, on ne va pas se mentir… » Le théâtre, c’est depuis gamine. « Petite, j’ai toujours adoré me mettre en scène et ma mère n’avait d’yeux que pour moi. J’ai échappé au trip de l’enfant roi, mais j’ai gardé le plaisir du jeu. »

Premières interviews douloureuses

Elle a toujours eu ce rêve de devenir comédienne dans un coin de sa tête, mais se dit que « c’est mort d’avance », tant les places sont rares dans le métier. En attendant de pouvoir reprendre l’école de théâtre une fois le sésame de la licence obtenu, elle alimente un Instagram privé d’une galerie de personnages hilarants filmés en contre-plongée. Le compte a 40 abonnés, des copains surtout. Ces derniers lui répètent que les vidéos sont drôles, « mets-le en public, tu as quoi à perdre, exactement ? » Quoi à perdre, à part peut-être l’anonymat ?

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« Bonjour Anaïde, pardon de te déranger mais je dois te dire, tu as sauvé mon confinement, tu m’as sauvé la vie en fait », balance un passant depuis le trottoir d’en face. Un autre demande un selfie. Entre le conseil de ses amis et cet apéro, Anaïde Rozam a donc passé le compte en public. Et s’est réveillée un matin avec plus (vraiment plus) de notifications Instagram que d’habitude. De 40 abonnés, elle est passée à 40 000 dans la nuit (elle en a 455 000 aujourd’hui). Elle croit d’abord à un bug, réactualise la page, rien n’y fait, le compte est bon. La veille au soir, le youtubeur Mister V a mentionné son profil dans un post, et bam ! Depuis, il lui arrive d’être abordée dans la rue, et elle adore ça. « A chaque fois, je me dis : ah, mais les gens que je fais rire existent vraiment ! »

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