Un appel d’offres pour recruter des communicants de crise auprès des procureurs

Yannick Le Goater, le vice-procureur de La Roche-sur-Yon, lors d’un point presse sur le meurtre d’Olivier Maire, le 9 août 2021.

Quelques heures viennent de s’écouler depuis la découverte du corps du prêtre Olivier Maire, retrouvé assassiné dans sa chambre, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), ce 9 août. Et déjà, les réseaux sociaux s’embrasent : l’assassin présumé, qui s’est rendu aux gendarmes, n’est autre que l’incendiaire de la cathédrale de Nantes en 2020, un Rwandais en situation irrégulière placé sous contrôle judiciaire, et recueilli par les frères missionnaires montfortains à sa sortie de l’hôpital psychiatrique, le 29 juillet.

A peine l’information parue, Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, et Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN), engagent la polémique sur Twitter. Les réactions politiques se succèdent. Les chaînes d’information tournent en boucle. Une voix manque, pourtant. Celle du vice-procureur de la République de la Roche-sur-Yon, chargé de l’enquête ouverte pour homicide volontaire. Pourtant, le standard du tribunal est saturé d’appels de journalistes.

Seul aux manettes au cœur de l’été

« Alors que les politiques y vont tous de leur commentaire, que la polémique monte, le parquet refuse de répondre au téléphone et “enverra un communiqué en fin de journée”. Quand est-ce que la justice comprendra l’intérêt de communiquer ? », s’énerve, sur Twitter, Cécile Ollivier, cheffe du service police-justice de BFM-TV.

Face à la pression médiatique et à l’insistance du ministère de la justice, le vice-procureur Yannick Le Goater, seul aux manettes au cœur de l’été, tient finalement une conférence de presse en fin d’après-midi. Le tout organisé à la va-vite, dans les minuscules locaux mal éclairés de la gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvres.

« C’est toujours le même scénario. Le téléphone du procureur explose sous les appels des journalistes, les policiers ne peuvent plus le joindre, et au final, ça nuit à l’enquête. » Un conseiller du ministère

C’est pour faire face à ce genre de situation d’urgence que le ministère de la justice s’apprête à doter les magistrats de conseillers en communication de crise. Un appel d’offres a été lancé le 26 juillet, auquel les agences ont un mois pour répondre. Dans sa commande, la place Vendôme précise que les consultants devront être joignables dans l’heure et se déployer auprès des cours d’appel et parquets de province pendant soixante-douze heures pour « des prestations de conseil stratégique et la mise en œuvre d’une communication de crise », dont la prise en charge logistique d’une conférence de presse.

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