Un écrin brut pour mode durable : à Paris, la caserne Château-Landon fait sa mue

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Publié aujourd’hui à 17h00, mis à jour à 17h05

Vue de la cour intérieure de La Caserne depuis le toit-terrasse.

Désaffectée depuis plus de quinze ans, cette ancienne caserne était devenue le royaume des pigeons, qui nichaient sous les toits, tout en haut des grands escaliers de service. « Quand les travaux de réhabilitation ont débuté, rien ne les faisait fuir. Ni le bruit ni les hommes. Nous avons dû les capturer pour les relâcher à une trentaine de kilomètres de Paris », raconte Maeva Bessis, directrice générale du site parisien.

« Cela fait quinze ans que les habitants du quartier fantasment sur la caserne, on va tout faire pour les surprendre. » Maeva Bessis, directrice générale du site

Mais, inlassablement, les oiseaux revenaient au bercail, snobant, imperturbables, architectes et ouvriers. « C’était un groupe de pigeons voyageurs bien décidés à regagner leur nid », poursuit cette dernière. Le jour de notre visite, on en aperçoit quelques-uns piaillant d’impatience de passer le « mur interdit ».

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Depuis sa préouverture, en juin, décalée de six mois pour cause de pandémie, l’ancienne caserne Château-Landon, implantée au carrefour des rues Philippe-de-Girard et de l’Aqueduc, près du canal Saint-Martin, dans le 10e arrondissement de Paris, est devenue, après d’importants travaux d’aménagement, La Caserne, un incubateur de mode responsable. Rien, dans l’histoire du site, ne laissait présager une telle destinée.

Le lieu abritera 25 marques de prêt-à-porter et 15 de maroquinerie.

C’est sur les ruines d’un ancien abattoir qu’a été construite, en 1879, cette caserne de pompiers, la plus ancienne de la capitale, par l’architecte Antoine Soudée, élève d’Henri Labrouste. La bâtisse porte encore cette date gravée sur son mur nord-ouest. Propriété de la Ville de Paris, elle comporte six corps de bâtiments disposés en triangle, avec en son cœur une vaste cour intérieure. Conçus pour accueillir environ 150 agents, les 4 000 mètres carrés se répartissaient en cuisines, un réfectoire, des chambrées, un gymnase et, à l’origine, des écuries.

Le mauvais état général du bâtiment a conduit à sa désaffectation à partir de 2005. Depuis cette date, les pompiers et leurs équipements ont déserté les lieux pour s’installer quai de Valmy, le long du canal Saint-Martin. Laissé à l’abandon – seule sa cour servait encore pour des distributions de repas de l’Armée du salut –, le lieu avait fait la « une » des médias en 2015 lorsque des migrants l’avaient occupé avant d’en être expulsés.

En 2019, la Régie immobilière de la Ville de Paris a proposé à la municipalité un projet de réhabilitation afin de redonner vie à cet espace en créant une plateforme d’innovation consacrée à la mode. « L’idée est de créer un village dans la ville, un nouveau lieu de travail et de vie, mais aussi un espace culturel et événementiel. La Caserne sera animée de jour comme de nuit, toute l’année », espère Maeva Bessis.

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