« Un espion ordinaire » porte un regard naïf sur les services secrets

Rachel Brosnahan (à gauche) et Benedict Cumberbatch (au centre) dans « Un espion ordinaire », de Dominic Cooke.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Inspiré, paraît-il, d’une histoire vraie, signé d’un metteur en scène de théâtre réputé, Dominic Cooke, Un espion ordinaire fonctionne sur la reconstitution, un brin nostalgique et appliquée, d’un cinéma d’espionnage à l’ancienne, auquel il ne manquerait pas un bouton de guêtre, à l’image de l’adaptation, en 2012, de La Taupe, de John le Carré, par Tomas Alfredson.

Numéro d’acteur

Un représentant de commerce (Benedict Cumberbatch) est missionné par les services d’espionnage britanniques et par la CIA pour servir d’intermédiaire avec un haut fonctionnaire soviétique qui transmet des informations à l’Ouest sur le développement de la force nucléaire du Kremlin. Le film délaisse vite le thème de l’individu ordinaire plongé dans une situation extraordinaire pour décrire la naissance d’une amitié entre les deux hommes et épingler (pas trop quand même) le cynisme des services secrets occidentaux.

Passé une première moitié du film où l’on peut se laisser, un temps, emporter par le suspense, le récit dévie vers une emphase dopée au numéro d’acteur, où le désenchantement est remplacé par une naïveté tenace.

Film britannique de Dominic Cooke. Avec Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze, Rachel Brosnahan (1 h 52).