Un G20 sous tensions à l’heure des rivalités exacerbées par la pandémie

Le centre de convention « La Nuvola », qui accueillera le sommet du G20 les 30 et 31 octobre 2021, à Rome, le 22 octobre 2021.

A quoi peut bien servir un sommet du G20 sans Xi Jinping et Vladimir Poutine ? La question va peser sur la réunion organisée par le président du conseil italien, Mario Draghi, samedi 30 et dimanche 31 octobre, à Rome. Le rendez-vous aurait dû marquer les retrouvailles en présentiel des dirigeants des vingt principales puissances économiques, une première depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19. L’absence des présidents chinois et russe sera d’autant plus remarquée qu’elle survient dans un contexte de vives tensions internationales, en particulier entre la Chine et les Etats-Unis, au moment où le jeu multilatéral paraît bien souvent tourner à vide.

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Pour son deuxième voyage à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, le président des Etats-Unis, Joe Biden, va tenter de donner de la substance au « retour de l’Amérique » promis pendant la campagne victorieuse du démocrate contre Donald Trump. Un engagement mis à mal par le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan, la victoire des talibans à Kaboul mi-août, et différents malentendus avec de proches alliés, à commencer par la France.

Joe Biden doit d’ailleurs commencer sa tournée, vendredi, à la veille du G20, par une rencontre avec Emmanuel Macron, dans l’espoir de clore la brouille suscitée par Aukus, le pacte de défense en Indo-Pacifique signé avec Canberra et Londres, dans le dos de Paris. L’affaire a suscité une vive colère des dirigeants français, contraints de renoncer à la vente de sous-marins tricolores à l’Australie, après que celle-ci a rompu le « contrat du siècle » pour privilégier des bâtiments américains à propulsion nucléaire.

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L’Elysée et la Maison Blanche devaient peaufiner la mise en scène de leur réconciliation jusqu’au dernier moment. « Il s’agit de consolider la coopération transatlantique en même temps que la défense européenne », explique-t-on dans l’entourage du président français. Le renforcement du soutien américain à la lutte antiterroriste au Sahel est également à l’ordre du jour. M. Macron prévoit, par ailleurs, de rencontrer dimanche le premier ministre britannique, Boris Johnson, accusé de « duplicité » dans l’affaire Aukus.

En prélude à son départ pour Rome, le chef de l’Etat a accepté de parler à Scott Morrison, le premier ministre australien, jeudi 28 octobre au matin, qu’il va croiser au G20. Il lui a rappelé que la volte-face de l’Australie « avait rompu la relation de confiance entre nos deux pays ». Il appartient « désormais au gouvernement australien de proposer des actions concrètes qui incarneraient la volonté des plus hautes autorités australiennes de redéfinir les bases de notre relation bilatérale et de poursuivre une action commune dans l’Indopacifique », a précisé l’Elysée dans un communiqué.

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