Un jardin d’Eden dans la Cité des anges

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Publié aujourd’hui à 07h00

L’Australlien Richard Christiansen devant une fresque de Luke Edward Hall, dans sa propriété Flamingo, à Los Angeles.

« Ma mère a de sacrés biceps. » Dans l’édito du catalogue Flamingo Estate distribué pour la dernière Fête des mères, Richard Christiansen évoquait la plantation familiale d’avocats en Australie, et les lourdes cagettes que sa maman avait soulevées durant toute son enfance. La pomme ne tombant jamais loin de l’arbre, à 44 ans, Christiansen a fini lui aussi par vivre entouré de cagettes, à ceci près que les siennes sont en carton recyclé.

Cette nouvelle casquette de distributeur agricole, le patron du studio Chandelier Creative la doit à l’acquisition en 2013 d’une maison perchée dans les collines de Los Angeles. Une bâtisse rose « flamingo » flanquée de 75 marches et d’un immense verger dont il a fait une marque et une source de revenus, mais pas seulement. En exploitant le potentiel de son jardin extraordinaire et en scellant des partenariats avec 45 fermes alentour, Richard Christiansen a surtout réussi à appliquer un filtre ultra-sexy aux notions de circuit court et de développement durable. Une prouesse, même si produire du désir est le job de ce publicitaire à qui l’on prête le mantra « Sans logo, rien n’existe vraiment ».

Sens du coup d’éclat et esthétique léchée

En 2005, Richard Christiansen fonde le bureau Chandelier Creative à New York après un début de parcours chaotique qui l’a mené du droit (avec un diplôme d’avocat obtenu à 21 ans) à la publicité. Plus attiré par un job créatif que par la plaidoirie, il s’est formé à la direction artistique en Italie, au sein de la rédaction du magazine Colors – co-créé par le photographe Oliviero Toscani et financé par Benetton – avant de monter sa première agence de création à New York. Son style plaît aux maisons de luxe, le sens du coup d’éclat (l’école Toscani !) allié à une esthétique léchée, et Chandelier décolle, porté par l’avènement des réseaux sociaux.

Pour souffler le week-end, offrir des parenthèses d’immersion créative à son équipe et inviter ses clients, il achète une maison à Montauk, station balnéaire du bout des Hamptons – à trois heures du sud de Manhattan – rendue célèbre dans les années 1970 par Andy Warhol et les Rolling Stones. Le Chandelier Surf Shack a des airs d’auberge de jeunesse (dorée), avec lits superposés, plaids moelleux, tipis plantés dans le gazon et longboards à disposition. Les magazines de décoration se disputent les images de la beach house photogénique de Christiansen.

Le Goût de M

Les années passant, il décide de changer de résidence secondaire et s’entiche, toujours dans les Hamptons, d’une bâtisse splendide qu’il baptise Mermaid Ranch. En professionnel du storytelling, il imagine que cette demeure au bord de l’océan a autrefois abrité les amours d’une chanteuse américaine et d’un artiste italien. Une légende fabriquée de toutes pièces qui sert de prétexte à l’aménagement du lieu, rempli de pièces de design dénichées par Christiansen aux Etats-Unis et en Italie. Une partie de ce mobilier l’a suivi sur la Côte ouest quand il a décidé de s’installer à l’année dans sa nouvelle maison-jardin d’éden…

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