Un nouveau conflit chez Volkswagen affaiblit le patron, Herbert Diess

Le PDG de Volkswagen, Herbert Diess, à Zwickau, en Allemagne, le 23 juin 2021.

Un nouveau conflit violent a éclaté chez Volkswagen (VW), entre le patron du groupe, Herbert Diess, et les représentants des salariés, et nul ne sait comment il s’achèvera. En Bourse, la querelle a déjà fait dévisser de 4 % le cours dans la journée de mercredi 3 novembre. Face à leur dirigeant, les salariés ont apparemment dégainé l’arme la plus puissante dont ils disposent chez VW, le vote de défiance, assure le quotidien Handelsblatt. La phase qui s’ouvre, si aucun compromis n’est trouvé, pourrait aboutir à l’éviction d’Herbert Diess, qui dirige VW depuis avril 2018 et mène, depuis, une des plus grandes transformations jamais effectuées par le deuxième constructeur automobile mondial.

A Wolfsburg, au siège du groupe, la tension montait depuis plusieurs semaines. Le premier choc est survenu le 24 septembre, lorsque Herbert Diess a laissé entendre, lors d’une session du conseil de surveillance, que 30 000 emplois étaient menacés chez VW. Face à l’émotion suscitée par ce commentaire, il avait finalement précisé qu’il ne s’agissait que d’un « scénario extrême », dans le cas où l’entreprise ne parvenait pas à améliorer considérablement son efficacité et poursuivre sa transformation vers l’électrique et le numérique.

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Un second conflit a éclaté quelques jours plus tard, quand Herbert Diess a décliné sa participation à une assemblée du personnel prévue pour jeudi 4 novembre, pour pouvoir se rendre à une conférence d’investisseurs aux Etats-Unis. Daniela Cavallo, la nouvelle présidente du comité des salariés, le « Betriebsrat », traditionnellement très puissant chez VW, avait pris l’annonce comme un affront personnel et sévèrement critiqué cette décision, reprochant au patron de ne pas s’intéresser aux préoccupations des travailleurs, dans une situation où la pénurie de composants électroniques affecte la production. Finalement, M. Diess a changé d’avis. Il participera, jeudi, à cette réunion à haut risque.

Moderniser le groupe et baisser les coûts

Ce n’est pas la première fois qu’Herbert Diess est à deux doigts de la mise à pied. A l’été 2020, il n’avait sauvé son poste que d’extrême justesse, après des excuses officielles pour des propos accusatoires envers certains membres du conseil de surveillance. Quelques mois plus tard, une nouvelle querelle s’était installée sur la question de la prolongation de son contrat, qu’il exigeait avec deux ans d’avance. Cela avait été très mal perçu, renforçant son image de patron solitaire, peu enclin à se plier aux usages du groupe. Dans l’univers VW, les décisions importantes sont le fruit d’un compromis entre deux camps aux intérêts opposés : le comité des salariés et le land de Basse-Saxe, qui détient 11,8 % du capital du groupe et 20 % des droits de vote, alliés pour garder les emplois sur place, et la famille Porsche-Piëch, actionnaire à 31,3 % (53,3 % des droits de vote), plus soucieuse de la rentabilité et des résultats.

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