Un premier round réussi pour la foire Around Video à Lille

Capture de « A Truely Shared Love », d’Emilie Brout & Maxime Marion, présenté par la galerie 22,48 m2 (Paris), qui a gagné le 1er prix du jury à la foire Around Video 2021.

L’ancienne faculté de pharmacie de Lille récemment transformée en hôtel – le Moxy Marriott – a accueilli du 1er au 3 octobre la première édition de la foire Around Video, entièrement dédiée à l’art vidéo. La formule de la foire en chambres, largement rodée par la foire de référence en la matière, Loop, à Barcelone, depuis 2003, a l’avantage de fournir des « stands » déjà équipés de larges écrans plats dans une ambiance feutrée propice aux échanges avec les galeristes et les artistes.

« Notre modèle est évidemment la foire Loop », reconnaît d’emblée Renato Casciani, collectionneur local et initiateur de la foire, dont il a confié la direction à la curatrice Haily Grenet, précédemment aux manettes du salon Camera Camera au sein du festival vidéo OVNI, à Nice. « Lille est à 40 minutes de Bruxelles et une heure de Paris. Ça n’aurait pas eu de sens de faire une foire généraliste, mais la région, très riche en institutions, se prête à des foires spécialisées. Or, il faut défendre ce médium, très représenté en institutions, mais très peu chez les collectionneurs privés », souligne ce passionné rassembleur, dont la collection d’art contemporain, lancée il y a une vingtaine d’années, est pour près d’un quart consacrée à la vidéo.

Un sentiment partagé par les 26 galeries, dont une petite dizaine venues de Belgique, du Danemark ou d’Espagne. L’ADN Gallery, de Barcelone et habituée de Loop, a ainsi voulu « découvrir la scène et les collectionneurs locaux, et accompagner cette dynamique ancrée dans le nord de l’Europe ». « C’est important de faire corps car la vidéo est un médium très important, mais pas facile à vendre. Il n’existe pas de second marché, et le côté immatériel, avec des multiples, effraie un peu », résume Bertrand Baraudou, de la galerie niçoise Espace A Vendre.

Un certificat et une clé USB

Contrairement à un tableau ou une sculpture, acheter une œuvre vidéo revient en effet à disposer d’un certificat et d’une clé USB. La norme est l’édition de cinq exemplaires destinés à la vente, avec des prix variant en moyenne de 7 000 € à 10 000 € pour la première édition (parfois beaucoup plus selon la cote des artistes), et des prix qui montent crescendo pour les exemplaires restants, jusqu’à quasiment doubler pour le dernier exemplaire. « Il faut voir si ce médium va être davantage intégré par la nouvelle génération de collectionneurs », pointe Loïc Garrier de la galerie Ceysson & Bénétière.

« Renato est un collectionneur engagé, et la proximité de l’école du Fresnoy, à Tourcoing, d’où sortent de nombreux talents, favorise l’intérêt pour la vidéo dans la région. Sa foire fait donc tout à fait sens pour moi, qui ai à la fois une galerie à Paris et à Bruxelles », explique Michel Rein, qui présentait la nouvelle vidéo chorale de la jeune artiste belge Ariane Loze, Kolumba, sur les aspirations métaphysiques à l’œuvre dans nos vies normées.

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