« Un printemps à Hongkong » : le tabou de l’homosexualité dans une société conformiste

« Un printemps à Hongkong », de Ray Yeung.

L’avis du « Monde » – A voir

Père de famille et chauffeur de taxi à l’orée de la retraite, Pak fréquente régulièrement les lieux de drague homosexuelle de Hongkong. Une rencontre d’un soir, celle avec Hoi, divorcé et retraité, se transforme en une véritable liaison amoureuse. Comment vivre une relation dont la nature fait toujours l’objet d’un tabou dans une société doucement conformiste, sensible pourtant, comprend-on, à la nécessité croissante d’une prise en compte des différences sexuelles ? Comme maintenir une telle relation en la cachant à sa propre famille ?

Un printemps à Hongkong nourrit son récit d’un suspense qui ne virera pourtant jamais à la révélation cathartique. C’est un film en demi-teinte qui effleure plusieurs sujets à la fois, s’attarde sur la solitude consécutive à l’appartenance à une minorité sexuelle tout autant qu’au vieillissement. On saura ainsi gré à Ray Leung, cinéaste dont c’est le troisième long-métrage et qui avoue se définir lui-même comme un réalisateur LGBT, de traiter un scénario un peu empesé par la sociologie et un certain volontarisme avec une certaine finesse, aidé en cela par la conviction de ses comédiens.

Film chinois (Hongkong) de Ray Yeung. Avec Tai Bo, Ben Yuen, Patra Au (1 h 32.)