Un tour du monde en musiques avec Christophe Maé

Christophe Maé, en concert au Dôme de Paris-Palais des sports, le 29 septembre 2021.

« A quatre reprises on a dû reporter, mais cette fois ça y est. » Mercredi 29 septembre, au Dôme de Paris-Palais des sports, Christophe Maé est aux anges. Il remerciera plusieurs fois celles et ceux qui ont gardé leurs billets d’entrée au cours des différentes étapes de mesures de confinement, d’arrêt des spectacles en raison du Covid-19. Et celles et ceux qui ont fait leur achat plus récemment. Il y voit une confiance faite certes à lui, mais surtout à l’ensemble des musiciennes et musiciens, aux équipes techniques. Une adresse au public probablement déjà dite par Maé depuis le début de sa tournée des grandes salles, commencée le 15 septembre au Palais Nikaïa, à Nice. Mais qui ne semble ni forcée ni artificielle. Et qui ne devrait pas plus l’être lors des prochains concerts, prévus jusqu’au 13 novembre au Zénith Arena de Lille.

Sur les affiches, on voit Christophe Maé dans une roulotte en bois, assis, avec un porte-voix, quelques meubles autour de lui, une guitare, son instrument. C’est cette même roulotte que l’on retrouve sur la scène organisée en trois plateaux arrondis, comme des gradins d’un cirque, avec une structure de guirlandes de lampes en forme de petit chapiteau. En fond de scène, de grandes voiles vont monter dans les airs. Tout cela donne une ambiance voyageuse, que les arrangements des chansons renforcent. Et si le véhicule ne se déplace pas, la diversité des musiques suffit pour que l’on passe, comme en un tour du monde, d’un territoire à un autre.

On va ainsi à Cuba – beaucoup –, avec des évocations musicales de quelques genres de l’île (boléro, son, danzón ou guajira) qui viennent orner ses anciennes chansons, dont Mon paradis, tirée de son premier album de 2007, Il est où le bonheur, avec une citation de Chan Chan, écrite par Compay Segundo (1907-2003) pour Buena Vista Social Club, autant que celles extraites de l’album La Vie d’artiste, commercialisé en octobre 2019. On passe aussi par la Jamaïque et ses couleurs reggae (Parce qu’on sait jamais), en Afrique noire avec les nombreuses interventions du guitariste togolais Amen Viana, ou lorsque sont perceptibles des traces de la fusion entre la pop et les musiques traditionnelles d’Afrique du Sud telle que Johnny Clegg (1953-2019) l’a popularisée.

Détour vers le blues

Et voici un violon tzigane, un harmonium indien à soufflet, un saxophone soprano qui mène vers le jazz ou un harmonica – joué par Christophe Maé, qui fait un détour vers le blues –, qui sera aussi célébré lorsque le saxophoniste et chanteur américain Allen Hoist entonne le traditionnel des temps de l’esclavage aux Etats-Unis Sometimes I Feel Like a Motherless Child au milieu de L’Automne (2013).

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