Une année 2020 intense pour l’Autorité de la concurrence

La présidente de l’Autorité de la concurrence, Isabelle de Silva, s’exprime lors d’une conférence de presse, le 3 juillet 2017, à Paris.

L’Autorité de la concurrence, qui présentait son bilan annuel, jeudi 8 juillet, n’a pas chômé en 2020, avec 234 décisions et avis prononcés. La crise sanitaire et les multiples confinements ont accéléré le rachat d’enseignes de vente au détail de vêtements, chaussures et d’accessoires pour femmes et hommes.

Déjà fragilisées avant le Covid-19, certaines ont été parfois reprises à la barre du tribunal. Or les opérations de rachat doivent obtenir l’assentiment de l’Autorité de la concurrence, si l’entreprise réalise 150 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le monde et au moins 50 millions d’euros en France. « Si une des deux conditions n’est pas remplie, le rapprochement peut se faire sans notre aval, si l’opération ne relève pas de la compétence de l’Union européenne », précise-t-on au sein de l’institution. En moyenne, elle contrôle plus de 200 opérations de concentration par an.

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Cela a donc été le cas pour la reprise des 511 magasins Camaïeu par la société d’investissement Financière immobilière bordelaise (FIB). De celle des 366 magasins La Halle par le groupe Beaumanoir (enseignes Cache Cache, Morgan et Bonobo). Mais aussi de la fusion des groupes Oosterdam (Pimkie, Grain de Malice) et Happychic (Jules, Brice, Bizzbee). Ou du rachat de l’enseigne de prêt-à-porter JOTT par la société L Catterton Europe (BA & SH) ou de Burton (125 points de vente) par Thierry Le Guenic (Habitat).

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Dans certains cas, son autorisation est assortie de modification de périmètre, comme pour le rachat des 554 magasins Leader Price et de deux magasins Casino par Aldi pour lequel neuf d’entre eux ont dû être cédés pour que la concurrence soit respectée sur les zones de chalandise étudiées. La surveillance exercée par l’Autorité de la concurrence peut aussi s’exercer avec des ajustements de périmètre, comme cela a été le cas pour les alliances entre les centrales d’achat des grandes surfaces alimentaires.

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En 2020, l’autorité a sanctionné plusieurs ententes. Dans le secteur du jambon et de la charcuterie, douze industriels avaient mis en place « un système bien huilé » pour s’accorder sur les hausses de prix pratiquées en amont et en aval pour les marques de distributeur. Dans le secteur du sandwich, trois fabricants ont, pendant six ans, « mis en œuvre un plan visant à se répartir les volumes et les clients » et s’entendre sur les prix sur les produits à marque d’enseigne. Dans le domaine des vins d’Alsace, trois organisations professionnelles ont été sanctionnées pour avoir participé à une entente pour augmenter le prix du raisin.

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