Une nouvelle réédition de « All Things Must Pass », album mythique de George Harrison

George Harrison, en 1970, dans son domaine de Friar Park, à Henley-on-Thames (Angleterre).

« Avant même que je commence d’enregistrer All Things Must Pass, je savais que j’allais faire un bon album car j’avais tellement de chansons, et aussi tellement d’énergie. Pour moi, faire mon propre album après tout ce qui s’est passé, c’était joyeux. Le rêve des rêves. » Ces paroles de George Harrison, tirées du coffret de l’édition anniversaire de l’album All Things Must Pass, résument bien les circonstances dans lesquelles est né ce disque charnière de l’ancien Beatle. Enorme succès public à sa sortie, All Things Must Pass est le chef-d’œuvre du chanteur et guitariste britannique, mort d’un cancer en novembre 2001, à l’âge de 58 ans. Un classique, considéré comme l’un des meilleurs albums enregistrés par un Beatle en solo, à la hauteur d’Imagine, de John Lennon, et Ram, de Paul McCartney, tous deux publiés en 1971. Dans le domaine de la folk pop élégiaque, son influence s’entend chez les Britanniques Travis ou The Verve, les Américains Mercury Rev ou les Australiens Crowded House.

C’est d’abord une œuvre colossale, un triple album vinyle (vingt-trois titres !), format hors norme à l’époque. Il n’en fallait pas moins pour que le plus jeune des Beatles évacue toute la frustration de chansons accumulées durant ses années passées dans l’ombre de Lennon et de McCartney. Deux leaders naturels, dont la prolificité et le génie ne laissaient que peu de place aux autres.

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All Things Must Pass paraît le 27 novembre 1970. C’est le premier album solo d’un Beatle après Let It Be, qui suit la séparation du groupe. Mais il a été précédé par Sentimental Journey, de Ringo Starr, le 27 mars, et par McCartney, le 17 avril, le bassiste annonçant officiellement, dans la foulée, la fin des Fab Four.

Le « discret »

Parmi les quatre, George Harrison était surnommé le « discret ». Discret certes, mais doté d’un caractère bien trempé, lui qui a écrit Taxman (1966) et claqué momentanément la porte du groupe pendant les sessions de Get Back en 1969. Don’t Bother Me (1963), un titre de facture assez classique, est sa première chanson à apparaître sur un album des Beatles. Il faudra attendre jusqu’à Revolver (1966) pour que ses talents de compositeur prennent un tour plus affirmé, et même mystique avec sa passion naissante pour la musique orientale et son utilisation du sitar sur Love You To (1966). En 1968, durant les séances de travail du double « Album blanc », Harrison tente de s’imposer davantage : quatre compositions sont retenues, dont le bluesy While My Guitar Gently Weeps. Plusieurs autres refusées par le groupe réapparaîtront sur All Things Must Pass. Parmi elles, Isn’t It a Pity (chanson-titre de l’album), Hear Me Lord et Let It Down.

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