Une thématique géopolitique du climat, sur Arte : et si l’avenir se jouait sur des alliances inattendues…

Une manifestation pour le climat.

ARTE – MARDI 26 OCTOBRE À 23 h 25 – DOCUMENTAIRES

Manipulations, magouilles et tricheries planétaires sont au programme ce soir. Après la rediffusion de Big Pharma, labos tout-puissants, Arte propose deux documentaires dans le cadre de sa programmation dédiée à la COP26, le sommet sur le climat qui doit se tenir à Glasgow, en Ecosse, du 1er au 12 novembre.

Les deux enquêtes se complètent. La première traite ainsi du mode d’action des principaux lobbys climatosceptiques américains. Elle relaye, entre autres, les propos d’un vieux monsieur, Myron Ebell, ex-conseiller climat de Donald Trump, qui assure que l’augmentation du CO2 dans l’air entraîne… un verdissement de la planète ; et ceux de Jerry Taylor, un des porte-paroles du très influent think tank Cato Institute – jusqu’à ce qu’il change d’opinion sur le réchauffement climatique.

On retrouve ce dernier dans La géopolitique du climat, à peine moins focalisé sur les Etats-Unis. Ainsi que les images du discours du scientifique de la NASA James Hanson, devant le Congrès, expliquant que si rien n’est fait, les émissions de CO2 vont provoquer un dangereux réchauffement planétaire. Nous sommes en 1988.

Sombres bilans

Ce retour sur trente ans d’échec dans la gestion de la crise climatique est certes très instructif, en particulier lorsque l’avocat Carroll Muffett décrypte la parole des climatosceptiques et leur art d’instiller le doute dans les esprits. Mais face à ces sombres bilans, l’impatience gagne le téléspectateur, qui doit attendre le dernier tiers du second film pour que les actions possibles soient abordées.

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« Il ne faut pas dire que l’on ne fait rien, sinon cela va décourager », sourit, Ottmar Edenhofer professeur à l’université de Berlin, directeur de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Postdam et ex-membre du GIEC, qui a contribué à obliger les groupes pétroliers à s’engager dans la transition énergétique. De cette expérience, il tire une conviction : « L’avenir climatique va se jouer sur des alliances qu’on n’attend pas », entre défenseurs de l’environnement et institutions financières, par exemple, dès lors qu’elles y trouveront un intérêt.

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Le pouvoir judiciaire monte également en puissance, alors que les procès intentés au nom de la protection du climat se multiplient. En Pologne, où un tribunal a obtenu l’interruption de la construction d’une centrale à charbon. En Allemagne, où la Cour constitutionnelle a jugé que l’insuffisance de la politique environnementale compromettait les droits fondamentaux des générations futures.

Le monde est-il pour autant prêt à abandonner l’économie de marché, et les populations à changer radicalement leur mode de vie ? Sans répondre, le film rappelle que la pandémie de Covid-19 a montré que les politiques savent réagir vite et fort. Elle a aussi mis en évidence l’adaptabilité de nos sociétés.

Le Lobby climatosceptique, de Mads Ellesoe (Danemark, 2020, 53 min) ; Dans la géopolitique du climat, de Lena Müller et Alexander Ebert (All., 2021, 52 min), en replay sur Arte.tv jusqu’au 23 janvier 2022.