Urbanisme : les pistes pour adapter Paris au réchauffement climatique

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Publié aujourd’hui à 11h00

Toute révision du plan local d’urbanisme (PLU) a son lot de figures imposées. Le portrait de la capitale, apparu depuis quelques semaines sur le site de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) sous la forme d’une bibliothèque d’une centaine de cartes et graphiques, est de celles-là. Il s’agissait de dresser un état des lieux du territoire avant d’écrire la nouvelle règle, promise d’ici à 2024, qui devra dire comment construire et aménager Paris pour que la ville émette le moins de dioxyde de carbone possible (le bâtiment est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre) et reste vivable malgré le réchauffement planétaire.

Le résultat de l’immense travail documentaire mené par l’agence d’urbanisme est d’abord une photo complète de Paris et de ses habitants, prise en 2020, et accessible au plus grand nombre. Pour la première fois, en effet, le diagnostic territorial est publié en ligne, et non pas uniquement disponible en version papier dans les mairies d’arrondissements, comme c’était le cas lors de la dernière révision du PLU, en 2006. Une époque où l’open data (les données ouvertes) commençait à peine à être théorisé.

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Chacun peut donc à loisir plonger dans ces cartes, zoomables à la parcelle, et ausculter la capitale sous tous ses angles, à travers l’un des multiples prismes proposés (la densité, les revenus, le type d’habitat, la présence de commerces, le nombre de lieux d’innovation, les rues les plus sonores, etc.), à l’échelle d’un arrondissement, d’un quartier, d’une rue, et même d’une cour d’immeuble.

Ilots de chaleur dispersés

Les grandes transformations de la ville au cours des quinze dernières années sont aussi représentées : l’apparition du tramway sur les boulevards des maréchaux, le réaménagement des grandes avenues, la création des quartiers Chapelle international et Rosa Parks, au nord, la fermeture des quais sur la rive droite de la Seine, pour ne citer qu’elles.

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Cet état des lieux met aussi l’accent sur des thématiques environnementales jusqu’alors reléguées au second plan, voire inexplorées, mais devenues aujourd’hui cruciales, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) l’ayant encore rappelé, ce lundi 9 août. Quand la dernière refonte du PLU, voulue par l’équipe de l’ancien maire (2001-2014) Bertrand Delanoë au début des années 2000, insistait sur la résorption de l’habitat insalubre, la création de logements sociaux, le rééquilibrage entre l’est et l’ouest de la capitale, c’est la crise climatique qui sert aujourd’hui de fil rouge.

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