« Utiles, sûrs et pourvoyeurs d’économies, les médicaments biosimilaires peinent à se faire une place en ville »

Tribune. La substitution en pharmacie d’un médicament biologique par son équivalent biosimilaire fait aujourd’hui débat comme il y vingt ans pour les génériques. Plusieurs représentants de la profession s’engagent en faveur d’un accompagnement adapté du patient et réclament une évolution de la législation. C’était il y a un an tout juste, en plein cœur du premier confinement : une enquête IFOP témoignait de l’attachement grandissant des Français à leur pharmacien d’officine. 97 % d’entre eux nous font confiance !

Depuis, le rôle majeur joué par les pharmaciens dans la lutte contre l’épidémie n’a fait que renforcer la vision de l’officine comme un lieu de santé. Alors que le ministère de la santé vient d’ouvrir une consultation au sujet du développement des médicaments biosimilaires, l’implication des pharmacies nous paraît être une évidence.

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Nous souhaitons pouvoir accompagner les patients et renforcer leur accès aux traitements. Moins onéreux, les biosimilaires sont l’équivalent des médicaments biologiques de référence comme les génériques le sont pour les médicaments chimiques. Ils interviennent dans le traitement de pathologies lourdes, comme le diabète, certains cancers ou les maladies inflammatoires.

Une réglementation anachonique à modifier

Utiles, sûrs et pourvoyeurs d’économies pour notre système de santé qui en a bien besoin, ces médicaments peinent pourtant à se faire une place en ville, alors qu’ils sont déjà couramment utilisés à l’hôpital. A l’instar de l’Académie nationale de pharmacie qui a récemment pris position, aucun argument scientifique ne s’oppose plus aujourd’hui à la substitution de ces traitements en pharmacie !

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Pourtant, la réglementation, aujourd’hui anachronique, n’autorise pas encore la substitution à l’officine d’un médicament biologique par son biosimilaire. Une situation que nous souhaitons voir évoluer rapidement, au bénéfice des patients, de l’accès aux soins, et de la sécurité des approvisionnements.

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Bien sûr, une telle réforme doit être organisée. Les patients sous médicament biologique, qui souffrent souvent de maladies chroniques, doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement et d’un suivi spécifique. Ils doivent être correctement informés sur le médicament qui leur est proposé, la façon de l’utiliser et ses impacts potentiels sur la vie quotidienne.

Les pharmaciens ont toujours répondu présents

Le pharmacien est légitime aujourd’hui pour jouer ce rôle de conseil et d’accompagnement, en lien avec le prescripteur. Acteur de santé de proximité pour les patients, accessible à tout moment, il dispose d’une connaissance pointue du contexte pathologique global de sa patientèle.

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