Vaccin Covid: une seule dose pour tous ceux qui ont été infectés, même sans symptômes

La Haute Autorité de santé préconise de réaliser des tests sérologiques rapides avant toute première injection.

Le 11 février, les experts de la Haute Autorité de santé estimaient que les personnes ayant été infectées par le Covid, et pouvant justifier de cette infection passée par un diagnostic par test PCR ou antigénique positif, devaient ne recevoir qu’une dose de vaccin contre le Covid.

La littérature scientifique montre en effet que «la protection vaccinale des personnes qui ont été infectées par le virus est meilleure après 1 seule dose de vaccin, que celle des personnes n’ayant jamais été infectées après deux doses, et ceci quelle que soit l’ancienneté de l’infection», a rappelé ce jeudi Dominique Le Guludec, Présidente du collège de la Haute Autorité de santé, lors d’une conférence de presse. Cette dose unique de vaccin contre le Covid joue, chez les personnes ayant déjà été infectées par le coronavirus, le rôle de «boost» normalement exercé par la seconde dose. Attention toutefois, cela ne concerne pas les patients immunodéprimés (les résidents en Ehpad, les personnes souffrant de certaines maladies particulières et les patients sous traitement immunosuppresseur) qui doivent continuer à recevoir deux doses, voire trois.

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Mais que faire de tous ceux ayant été infectés, mais ne le sachant pas faute d’avoir été testés? «Selon les données publiées par l’Institut Pasteur, la proportion de personnes infectées en France métropolitaine est ainsi estimée à 22,7%, cette proportion atteignant 40,4% en Île-de-France, alors que les cas identifiés par test PCR ou antigénique ne représentent que 8% de la population», rappelle la HAS dans une décision publiée ce jeudi. Cela représente un gros réservoir de personnes pouvant ne recevoir qu’une dose… donc de créneaux vaccinaux pouvant être attribués à d’autres! Et ce d’autant que la campagne concerne désormais de plus en plus de gens jeunes, plus susceptibles d’avoir fait une infection asymptomatique.

Il s’agit d’une petite piqûre au bout du doigt qui permet de détecter les anticorps

Dominique Le Guludec, Présidente du collège de la Haute Autorité de santé

La HAS préconise donc de réaliser, avant toute première injection chez des personnes n’ayant pas d’antécédent connu de Covid, des tests sérologiques rapides (Trod) aux candidats à la vaccination. «Il s’agit d’une petite piqûre au bout du doigt qui permet de détecter les anticorps», a précisé Dominique Le Guludec. Le résultat est rendu en un quart d’heure, ce qui permettrait, à l’issue du délai d’attente post-vaccinal déjà mis en place pour s’assurer qu’aucune réaction allergique n’a lieu, de maintenir ou non le rendez-vous pour la seconde dose selon le statut sérologique du vacciné. De quoi libérer un nombre important de doses, et simplifier le schéma vaccinal de nombreux Français surtout à l’heure des vacances estivales, en supprimant pour eux la nécessité d’être présent là où ils ont eu leur première dose, 6 à 8 semaines après la première. Les personnes bénéficiant de cette dose unique recevront alors un certificat de vaccination complet.

Les experts émettent cependant des réserves à leur recommandation: «Cela ne doit pas être une obligation, et il faut que la mise en œuvre de ces tests ne ralentisse pas la campagne vaccinale, a insisté Dominique Le Guludec. La campagne fonctionne, il est important de ne pas la désorganiser.» La mise en place de ces Trod devra donc être testée dans certains centres avant d’être généralisée. Les tests utilisés devront bien entendu répondre aux exigences de fiabilité déjà détaillées par la HAS, pour limiter le risque de recevoir un résultat positif, donc une unique dose vaccinale, alors que l’on n’a en réalité jamais été infecté par le virus.