Valérie Lemercier : « Faire rire représente les premières joies de ma vie »

Par Sandrine Blanchard

Publié aujourd’hui à 03h45, mis à jour à 03h48

Actrice et réalisatrice, Valérie Lemercier a choisi Céline Dion comme sujet de son sixième long-métrage. A 57 ans, l’humoriste aux trois Molières réalise et interprète Aline, étonnant biopic sur la vie de la chanteuse québécoise. Le film sera présenté en avant-première, samedi 25 septembre, dans le cadre du Festival du Monde, et sortira en salle le 10 novembre.

Je ne serais pas arrivée là si…

… Si mes parents ne m’avaient pas emmenée, très jeune, au théâtre à Rouen et à Paris. Pourtant, je n’aimais pas ce qu’on me montrait. A chaque fois, les artistes arrivaient par le fond de la salle mal fagotés en faisant semblant de ne pas aimer faire de l’effet. Petite, je ne comprenais pas pourquoi ils n’apparaissaient pas par le fond de la scène avec une robe dorée.

Enfant, j’écoutais des disques de Mistinguett, Georges Milton, Bourvil, Joséphine Baker, des gens d’un autre temps. Je ne sais pas pourquoi j’avais ces disques-là, mais je les appréciais. J’adorais le music-hall et les gens qui aimaient faire de l’effet. C’est un peu pour ça que j’ai une passion pour Céline Dion : elle fait de l’effet.

Mais vous aimiez aussi les spectacles de Jérôme Deschamps…

J’avais demandé à mes parents de voir Lapin chasseur. C’est la première fois que je découvrais un spectacle contemporain qui me parlait, avec de vraies gens qui ne font pas semblant. J’aimais l’absurde, le côté documentaire du quotidien, le sens du détail et des petites choses. Plus tard, dans mes spectacles, je me suis aperçue que les petits trucs très privés qui ne faisaient rire que mes sœurs, étaient, bizarrement, ceux qui fonctionnaient le mieux, ceux qui faisaient le plus rire.

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Vous dites avoir en commun avec Céline Dion la timidité dans l’enfance et l’interrogation « est-ce que je suis jolie ? »…

Ce n’était même pas une question pour moi. Je savais avec certitude que je n’étais pas jolie. Mais ce n’était pas un drame. Je me disais : « Je vais avoir de l’imagination et ne pas tabler sur la séduction, l’amour. Je ferai autre chose de ma vie. »

Et à l’adolescence, vous intégrez le conservatoire de Rouen…

Mes trois sœurs et moi faisions toutes de la musique. A 12 ans, comme cadeau d’anniversaire, j’ai demandé et obtenu d’arrêter le violon. Je trouvais ça trop ingrat. A 14-15 ans, j’étais pensionnaire au lycée Jeanne-d’Arc, à Rouen. Le conservatoire était juste à côté et j’ai découvert qu’il y avait un département d’art dramatique. J’ai passé le concours. Un soir, alors que mes parents étaient sortis, j’ai écrit sur la vitre givrée de la porte d’entrée de la maison que je l’avais réussi.

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