« Validé » saison 2, sur Canal+ : du monde du rap au polar ténébreux

Laëtitia Kerfa (Alpha), dans la deuxième saison de « Validé ».

CANAL+ – LUNDI 11 OCTOBRE – 21 HEURES – SÉRIE

Véritable plongée dans le milieu du rap français, la série Validé, créée par Franck Gastambide, entame sa deuxième saison sur Canal+ en mettant cette fois-ci à l’honneur une rappeuse, Alpha. A la fin de la première saison, le réalisateur et ses auteurs avaient « tué » leur précédent héros, Apash, dans un drive-by-shooting (« fusillade au volant » ) digne d’un clip de gangsta rap américain, laissant planer le doute sur les coupables. Clément, alias Apash, avait-il été victime d’un règlement de comptes lié à son passé de dealeur, ou avait-il été assassiné à cause de ses punchlines (phrases chocs, attaques verbales) contre ses concurrents du rap ?

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Pour cette nouvelle saison, Gastambide réutilise les ingrédients qui ont fait son succès : un mélange de réalisme où les vrais acteurs de l’industrie du rap jouent leur propre rôle (Fred Musa et Laurent Bouneau de Skyrock, des rappeurs connus Sniper, Alonzo, Rohff qui font des apparitions anecdotiques ou plus conséquentes), d’histoires de rue et des petits moments de comédie, proches des ressorts comiques de ses précédentes réalisations (Kaïra Shopping, Pataya ou Taxi). La différence, c’est que cette fois-ci les neuf épisodes s’enfoncent au fur et à mesure des intrigues dans un univers de plus en plus mafieux.

« Le rap, c’est que des galères »

On oublierait presque que l’héroïne est une jeune femme solaire, qui affiche souvent un large sourire. Vendeuse dans un magasin de chaussures de sport, Sarah mène une vie tranquille entre son fils de 7 ans, qu’elle élève seule, et sa meilleure amie, Fatou, qui lui donne un coup de main pour le baby-sitting. Par le passé, la jeune femme rappait et avait été repérée par Inès, la directrice artistique qui déjà suivait Apash. Quand les amis de ce dernier, William et Nabil, décident de monter leur propre label de musique, c’est elle qu’ils décident de produire après bien des maladresses et des hésitations, de part et d’autre. Pour Sarah, alias Alpha, « le rap, c’est que des galères. Avec un gamin en plus, laisse tomber », pour William, « produire une rappeuse, c’est trop risqué ».

Sarah/Alpha est censée incarner toutes les difficultés que rencontre la gente féminine dans l’univers réputé macho du rap. Peu de filles, « à part Diam’s », réussissent. Elle est confrontée d’abord au scepticisme de son compositeur, Sno : il lui fait bien comprendre qu’elle doit chanter, que ce qu’elle veut faire, c’est-à-dire « rapper vraiment, ça ne marchera pas ». Puis aux préjugés sur sa tenue vestimentaire en public : « Si je suis trop sexy, je suis une pute, si je m’habille en survet’, je fais le bonhomme. » Enfin, comme si ça ne suffisait pas, il y a aussi son ex, violent et incarcéré dans une prison à Marseille, Nacer joué par Saïd Tagmaoui.

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