Veillée d’armes pour les candidats à l’acquisition d’Equans

Jusqu’ici tout va bien pour Engie. Trois prétendants sérieux se disputent les services multitechniques, regroupés sous la bannière Equans (Ineo, Axima…), mis en vente par l’énergéticien. Derniers rescapés des sept postulants initiaux, Bouygues, Eiffage et le fonds d’investissement américain Bain Capital ont prévu de déposer une offre ferme le 2 novembre pour racheter ces activités allant de la climatisation à l’installation de la fibre, qui emploient 80 000 salariés dans 17 pays, dont 27 000 en France. Le vendeur a assuré aux prétendants qu’il n’organiserait pas de troisième tour d’enchères. Une exclusivité avec l’un des candidats devrait être signée dans la foulée.

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Cette rivalité peut laisser espérer à Engie un prix de vente supérieur à 6 milliards d’euros. Encore faut-il que la compétition soit pleine et entière. « Nous sommes extrêmement vigilants sur la transparence et l’équité du processus d’enchères auquel nous participons. La sécurisation juridique du processus d’examen des offres engageantes est un prérequis pour garantir qu’aucun candidat ne sera favorisé », a prévenu Matthias Boyer Chammard, directeur associé de Bain Capital, dans un entretien aux Echos le 20 octobre.

Sous contrôle d’huissier

Une allusion à la crainte, soulevée par certains en privé, que l’Etat, premier actionnaire d’Engie avec 23,6 % du capital, ne manifeste, à cinq mois de la présidentielle, une préférence pour Bouygues, propriétaire de TF1. Depuis le 4 octobre, et l’annonce du non-renouvellement de la présidente de l’Autorité de la concurrence, Isabelle de Silva, les milieux d’affaires interprètent cette décision comme une reprise en main du politique pour faciliter le rachat de M6 par TF1. Même si ces suspicions sont balayées par Engie, ce dernier pourrait chercher des garde-fous, du type ouverture des enveloppes sous contrôle d’huissier, afin d’éviter toute controverse.

Des bataillons de quelque 200 juristes, consultants, et autres auditeurs ont été mobilisés par les prétendants, pour un coût estimé entre 2 à 3 millions d’euros par semaine

Le retrait surprise de Spie, le 12 octobre, a contribué à alimenter les interrogations. Le candidat a précisé qu’il n’avait pas eu accès à suffisamment d’informations « pour lui permettre de formuler, dans le délai imparti, une offre ferme ». Le portefeuille d’Equans comportant des milliers de petits contrats, la « data room », qui compile les données de l’entreprise, est la plus importante jamais constituée selon les banquiers d’affaires, avec un million de pages à éplucher. Des bataillons de quelque 200 juristes, consultants, et autres auditeurs ont été mobilisés par les prétendants, pour un coût estimé entre 2 à 3 millions d’euros par semaine.

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