Vente d’Equans à Bouygues : le prix aura permis de départager des candidats alignés sur les garanties sociales

La décision n’a pas tardé. Bouygues, Eiffage et le fonds d’investissement américain Bain Capital associé à Fimalac (la holding de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière), rescapés des sept postulants initiaux, avaient déposé, mardi 2 novembre, des offres pour racheter Equans, l’activité de services multitechniques (chauffage, climatisation, numérique…) mise en vente, en septembre, par Engie. L’énergéticien a annoncé, samedi 6 novembre, à la suite d’un conseil d’administration tenu vendredi soir, qu’il avait retenu l’offre de Bouygues, au prix de 7,1 milliards d’euros.

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Engie est « entré en négociations exclusives avec Bouygues pour la cession de 100 % d’Equans. L’offre de Bouygues était la mieux-disante au regard de l’ensemble des critères retenus par Engie, y compris sur le plan financier », a précisé le vendeur. Sur le plan des garanties sociales, les trois candidats n’étaient pas parvenus à se détacher, ayant pris des engagements d’embauches assez proches.

Les deux industriels, en revanche, bénéficiaient d’un atout vis-à-vis d’Engie dans la mesure où ce dernier préférait confier sa filiale et ses 80 000 collaborateurs (dont 27 000 en France) à un acquéreur jugé plus stable qu’un fonds d’investissement qui achète et qui revend. Le prix aura permis de départager les candidats. Selon nos informations, Bain Capital, qui se place à la seconde place en matière de prix, avait offert 500 millions d’euros de moins que Bouygues, qui « a mené la course en tête du début à la fin », souligne un proche du dossier.

« Plus rien à négocier »

Alors que les attentes se trouvaient plutôt entre 4 milliards et 5 milliards d’euros quand Engie a commencé à préparer cette cession, il était doublement important pour le vendeur de faire monter les enchères. D’abord car ces capitaux vont être utilisés pour permettre à l’énergéticien de se redéployer et d’investir, notamment dans les renouvelables. Mais aussi car le groupe, dont l’Etat est le premier actionnaire avec 23,6 % du capital, était sous pression de toutes parts alors que d’aucuns craignaient que les dés ne soient pipés… précisément en faveur de Bouygues.

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A la veille de l’élection présidentielle, les milieux d’affaires pointaient le risque d’un « cadeau » politique fait au propriétaire de TF1. Bain Capital avait ainsi exigé que soient mis en place des garde-fous pour garantir l’équité du processus. Dispositif rarissime, la Canadienne Marie-José Nadeau, la présidente du comité d’audit d’Engie, ainsi qu’un huissier étaient présents, mardi, lors de la remise des enveloppes de prix.

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