Vers un changement de mains en douceur des aciéries de Saint-Saulve et d’Hayange

Le site d’Hayange (430 salariés), ici en 2011, fabrique des rails en acier pour des clients européens, notamment SNCF Réseau et la RATP.

Après des semaines d’incertitude sur le devenir de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et de l’usine Liberty Rail d’Hayange (Moselle) détenues par la société Liberty Steel, du groupe GFG Alliance, en grande difficulté financière, une série de communiqués publiés jeudi 1er juillet et vendredi 2 juillet ont enfin rassuré les salariés. Sans connaître encore avec certitude le nom du repreneur, ils savent désormais que leurs entreprises ont toutes les chances d’être transférées au futur propriétaire dans le cadre d’une procédure amiable, sans casse sociale, ni interruption de l’activité. Echappant ainsi à la faillite, et à la procédure collective.

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Vendredi, le soulagement dominait chez les 270 salariés d’Ascoval comme chez les 450 salariés de Liberty Rail Hayange. « Cela fait trois mois qu’on ne savait pas à quoi s’attendre. Cette procédure était la meilleure option pour nous », confie Nacim Bardi, délégué syndical CGT à Saint-Saulve.

L’accord de principe avec Saarstahl existe bel et bien, et qu’il a « de très fortes chances » de se concrétiser

Jeudi soir, Bercy a en effet annoncé que le groupe sidérurgique allemand Saarstahl avait trouvé un « accord de principe » avec Liberty Steel France (LSF) pour l’acquisition des deux sites. Ce que Saarstahl a confirmé vendredi ; mais pas Liberty. « Bien que nous souhaitions conserver LSF au sein du Groupe, nous avons également identifié deux acheteurs crédibles, ArcelorMittal et Saarstah », a seulement répondu au Monde un porte-parole du groupe. Un jeu de dupes pour qu’ArcelorMittal améliore son offre, indique une source proche du dossier, confirmant que l’accord de principe avec Saarstahl existe bel et bien, et qu’il a « de très fortes chances » de se concrétiser.

La vente devrait aboutir dans les prochaines semaines, moins d’un an après la reprise des deux sites par Liberty Steel, en août 2020 à la barre du tribunal à l’issue d’un interminable feuilleton industriel.

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« Un partenariat intéressant »

Le couplage d’Ascoval – qui transforme la matière première en produit semi-fini – et de l’usine France Rail Industry d’Hayange – qui transforme les produits finis en rails longue section, vendus à la SNCF – a été poussé par Bercy et le médiateur judiciaire, Marc Sénéchal, pour créer une filière d’acier autonome, amont-aval. Depuis, Ascoval a changé son procédé de coulée pour produire des blooms (des barres d’acier carrées), Hayange devenant son principal client. L’aciérie en difficulté a vu se remplir les carnets de commande. « Ascoval avait la capacité de produire de l’acier, mais peu de clients. Nous, nous avions des clients, mais pas d’acier. Nous avons su trouver un partenariat intéressant », résume Gérard Glas, président de Liberty Rail Hayange.

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