Vincent Bolloré prêt à vendre ses activités logistiques en Afrique

Un porte-conteneurs amarré à l’un des quais du port d’Abidjan (Côte d’Ivoire), en 2012.

De quoi provoquer un séisme sur le continent africain si cette opération va à son terme. Selon des sources concordantes, le groupe Bolloré étudie la vente de ses activités logistiques en Afrique, l’un de ses métiers historiques, fruit des premières acquisitions de Vincent Bolloré il y a plus de trente ans. Un pôle qui fut longtemps la « vache à lait » de l’homme d’affaires, l’aidant à financer ses raids et autres conquêtes.

Lire la chronique : Article réservé à nos abonnés « Si l’adieu africain se concrétise, que fera Bolloré des milliards récupérés qui viendront s’ajouter à ceux issus de la vente d’Universal Music Group ? »

La banque d’affaires Morgan Stanley a été chargée de sonder discrètement l’intérêt des acquéreurs potentiels, notamment les grands noms du transport maritime. Le français CMA CGM examine le dossier, ainsi que le danois Maersk. L’exploitant portuaire Dubai Ports World et le chinois Cosco Shipping, gestionnaire du port grec du Pirée, pourraient également se mettre sur les rangs. Si les grands fonds de capital-investissement comme Ardian ou KKR regorgent de capitaux, la plupart d’entre eux sont limités, de par leur statut, dans leur capacité à investir dans les pays émergents. Interrogé, le groupe n’a pas souhaité faire de commentaire.

En Afrique, où il emploie 20 800 collaborateurs, « Bolloré est présent dans 42 ports en qualité d’opérateur de terminaux portuaires, d’agent de lignes maritimes ou encore de manutentionnaire de marchandises non conteneurisées. Il gère principalement 16 terminaux à conteneurs en Afrique centrale et de l’Ouest, 7 terminaux roll-on/roll-off [“roule pour entrer”, “roule pour sortir”], 3 concessions ferroviaires, des entrepôts, des ports secs… », précise, dans son rapport annuel, le groupe breton, dirigé par Cyrille Bolloré, le plus jeune des fils du patriarche.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Vincent Bolloré, un empire bâti sur des coups financiers

Rebondissement judiciaire majeur

La branche Bolloré Africa Logistics, qui a généré en 2020 un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros, serait valorisée entre 2 milliards et 3 milliards d’euros. Pour autant, le périmètre susceptible d’être cédé ne paraît pas figé. Au-delà de ses positions de leader incontournable en Afrique, le groupe gère une activité logistique et transport qui se revendique parmi les cinq premiers acteurs européens, avec un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros et 12 500 collaborateurs. Il n’est pas exclu que certains acquéreurs lorgnent également ces métiers complémentaires.

Vincent Bolloré n’est pas du genre à refuser une très belle offre, même si cela laisserait essentiellement dans le groupe qui porte son nom la communication, autrement dit Vivendi, le stockage d’électricité et des participations financières. Inversement, font remarquer les habitués, rien ne dit que la transaction ira à son terme. Par le passé, l’homme d’affaires a déjà proposé à la vente de grands actifs, avant de renoncer.

Il vous reste 62.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.