Vivendi compte sur Lagardère pour se renforcer

Siège de Vivendi, à Paris, en 2013.

Que restera-t-il de Vivendi alors qu’il introduit le 21 septembre en Bourse sa filiale musicale Universal Music Group (UMG) ? En disant quasiment adieu à UMG (il en conserve seulement 10 %), Vivendi se déleste de son plus bel actif : la musique représentait jusque-là 65 % de sa capitalisation boursière et 45 % de son chiffre d’affaires. « Sans UMG, Vivendi, aura une histoire très différente, ce sera un holding sans grand intérêt », avertissaient récemment les analystes d’AlphaValue.

Cette opération compte comme principal gagnant le groupe Bolloré, la holding familiale de Vincent Bolloré, également présente en Afrique, et dans les batteries électriques, qui va détenir en direct 18 % du capital d’UMG (soit quelque 5,9 milliards d’euros). Jusque-là, Vincent Bolloré et sa famille bénéficiaient du fleuron de la musique au titre de premier actionnaire de Vivendi. Après le 21 septembre, ils auront la possibilité de céder cette participation. « Il s’agit d’une quasi-liquidité », explique-t-on chez AlphaValue.

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A côté, Vivendi, désormais doté de trois actifs sans synergie entre eux, pourrait faire mauvaise mine. Champion hexagonal de la télévision payante, le groupe Canal+ devient la première source de revenu du conglomérat français avec un chiffre d’affaires attendu de 5,7 milliards d’euros en 2021 et un résultat de 478 millions d’euros (selon la banque Barclays). Problème, il doit se battre quotidiennement contre les Netflix et autre Disney+, alors que dans le sport, il a connu des hauts et des bas ces dernières années. S’il a regagné la Ligue des champions, qu’il vient de recommencer à diffuser, il est toujours en guerre avec le football français sur la Ligue 1.

« Pas très enthousiasmant »

Dans l’édition, Editis est un acteur franco-français. Enfin, l’agence de publicité Havas n’est qu’à la 6place au niveau mondial avec 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et doit ferrailler dur contre Google et Facebook. « Le nouveau Vivendi va peser 20 milliards d’euros, dont un tiers pour Canal+, Havas et Editis. Le reste est composé des 10 % d’UMG et des participations minoritaires dans Telecom Italia, Mediaset, Lagardère… Ce n’est pas très enthousiasmant », expliquait-on chez Alphavalue ces derniers jours.

C’est pourquoi l’OPA surprise sur Lagardère, opportunément annoncée par Vivendi le 15 septembre, écrit un futur plus brillant pour le groupe français. « Alors que certains investisseurs pourraient reprocher de nouveau à Vivendi de se disperser, il y a clairement des synergies » entre les actifs, indique la banque Barclays dans une note. Le nouveau Vivendi, qui fusionnerait Hachette, le troisième éditeur mondial propriété de Lagardère, et Editis, qui le talonne en France, se renforcerait de manière conséquente.

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