Vivendi introduit sa filiale musicale en Bourse

Lucian Grainge, président-directeur général d’Universal Music Group (à gauche) et Billie Eilish assistent à l’After Party 2020 des Grammy d’Universal Music Group, à Los Angeles (Etats-Unis), le 26 janvier 2020.

« Money, money, money » : le tube d’Abba de 1976 pourrait être fortuitement remis au goût du jour pour l’entrée à la Bourse d’Amsterdam, mardi 21 septembre, d’Universal Music Group (UMG), la filiale la plus rentable de Vivendi. Le processus d’introduction de la principale major mondiale devrait s’effectuer sur la base d’une valeur boursière de 33 milliards d’euros – près de cinq fois sa valorisation de 2014 (7 milliards d’euros). Euronext donnera le prix de référence exact la veille, lundi 20 septembre au soir.

Cette opération prévoit une distribution de 60 % du capital d’UMG aux actionnaires actuels de Vivendi. Une fois cotée, la major, qui compte dans son catalogue Elton John, Paul Mc Cartney, les Rolling Stones mais aussi The Weeknd, Eminem ou Selena Gomez, sera détenue à 20 % par le champion chinois de la technologie Tencent – qui a acheté ses parts en 2020 et 2021 sur la base d’une valorisation de 30 milliards d’euros –, 18 % par des sociétés familiales de Vincent Bolloré, 10 % par le milliardaire américain Bill Ackman – qui a bouclé sa transaction à hauteur de 3,5 milliards d’euros cet été –, et 3,28 % par la Société Générale. Vivendi conservera une part résiduelle de 10 %, tandis que le reste constituera « le flottant » en Bourse.

Une manne pérenne

Le volumineux prospectus de pré-admission à la Bourse d’Amsterdam, de 306 pages, fourmille d’informations sur UMG. Le groupe présidé par Sir Lucian Grainge est florissant malgré la pandémie de Covid-19. Son chiffre d’affaires a augmenté de 3,8 % en 2020, à 7,4 milliards d’euros, après un bond de 18,8 % l’exercice précédent. Et son résultat opérationnel courant a crû de 18 % par rapport à 2019, à 1,37 milliard d’euros.

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Si UMG s’enorgueillit d’une longue liste de stars mondiales comme Drake, Billie Eilish, Lady Gaga ou Tailor Swift, aucun artiste ne représente plus de 1 % de son chiffre d’affaires. Mais les cinquante premiers artistes cumulent 23 % des ventes. UMG considère d’ailleurs que son succès financier « dépend et dépendra de sa capacité à signer de nouveaux artistes ». Place aux jeunes talents − et à ceux qui s’imposeront le plus longtemps possible −, puisque 54 % des revenus d’UMG proviennent de musiques de catalogue (qui datent de plus de trois ans). Les inusables standards d’Abba, des Beatles, de James Brown, de Marvin Gaye mais aussi de Bob Marley ou d’Amy Winehouse constituent donc une manne pérenne.

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