Voyage immobile à Buenos Aires, mélancolique et vibrante

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Publié le 01 juin 2021 à 16h00, mis à jour hier à 17h13

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Alors que l’activité des voyagistes s’est effondrée depuis mars 2020, l’agence Tierra Latina s’est réinventée en proposant une série d’activités en ligne, parmi lesquelles des visites en direct de Buenos Aires avec Catalina, leur guide francophone et danseuse de tango. Une heure de balade en vidéo au cours de laquelle la Portègne (habitante de Buenos Aires) propose une immersion Plaza de Mayo, d’où elle conte la tragédie des mères et grands-mères de la place de Mai, luttant pour retrouver les enfants volés aux opposants de la dictature militaire, ou une visite du quartier festif de Palermo.

S’abandonner au son du bandonéon

Le compositeur argentin Astor Piazzolla (1921-1992) en concert à Amsterdam, en 1985.

Père fondateur du tango nuevo, Astor Piazzolla (1921-1992) a révolutionné ce pivot de l’identité argentine, en le métissant d’influences jazz américaines et de musique classique européenne. Un choix musical, mais aussi politique, pour réagir au conservatisme de son pays.

Lire aussi Sur Arte.tv, un tango à Paris avec Astor Piazzolla et Nadia Boulanger

C’est d’ailleurs à Paris, où il vécut, que le joueur de bandonéon enregistra l’une de ses œuvres les plus célèbres, Libertango (1974), composée et enregistrée à Milan, qui résume à merveille l’état d’esprit de ce génial iconoclaste, dont les compositions sont régulièrement reprises par de jeunes musiciens.

Astor Piazzolla, Complete Tango !, Isabelle van Keulen Ensemble, Challenge Records International.

Ressentir la douleur de l’exil

L’Argentine a accueilli de nombreux exilés au XXsiècle. L’un d’entre eux, Vicente Rosenberg, a inspiré à son petit-fils, l’écrivain Santiago H. Amigorena, Le Ghetto intérieur (P.O.L, 2019, 192 p., 18 €.), un ouvrage qui raconte le destin de ce juif polonais émigré en Argentine en 1928 après avoir laissé derrière lui sa famille. Quand la guerre éclate, il retrouve ses amis juifs, exilés comme lui, autour d’un verre de rioja et d’une assiette de riz à la seiche alors que sa mère et son frère sont enfermés dans le ghetto de Varsovie. Sa mère mourra en camp de concentration, laissant Vicente Rosenberg à une vie noyée dans la mélancolie. Un récit salué par la critique et récompensé de plusieurs prix.

Siroter un maté

Le maté est un des piliers de la gastronomie argentine.

Maté, vin rouge et dulce de leche (« confiture de lait ») sont les piliers de la gastronomie argentine… A défaut de filer les déguster à Buenos Aires, on peut toujours se tourner vers le site Gusto Argentino, spécialiste des saveurs argentines en Europe et propriétaire du Café El Sur, situé boulevard Saint-Germain, à Paris. Des produits à consommer sans culpabiliser, puisque Gonzalo Cruz, fondateur de ce petit empire de la gastronomie argentine, fait fabriquer son dulce de leche dans le nord de la France.

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