Waga Energy, spécialiste du traitement des gaz des décharges, a fait son entrée en Bourse

Une des dix unité Wagabox en exploitation en France, en octobre 2020.

C’est la consécration d’un pionnier du retraitement des gaz de décharge. Après six ans d’existence, Waga Energy a fait son entrée en Bourse, mercredi 27 octobre. L’entreprise, qui affichait une capitalisation boursière de 499 millions d’euros à la fin de sa première journée de cotation a levé 110 millions d’euros pour accélérer son développement en France, mais surtout à l’international, qui représente 98 % de ce marché ultra-spécifique.

Si les trois cofondateurs devraient conserver quelque 30 % du capital (contre 36 % auparavant) ainsi qu’Air Liquide par le biais de son fonds d’investissement (14,9 % après l’opération) , de nouveaux actionnaires s’engagent, comme CMA CGM, soucieux de sécuriser son approvisionnement en biogaz pour ses porte-conteneurs, mais aussi le suisse Vitol, l’un des premiers revendeurs d’énergie au monde, ou le distributeur de gaz australien Viva Energy.

Depuis 1987, en France, comme dans tous les pays développés, les centres d’enfouissement de déchets doivent capter et traiter les gaz issus de la fermentation. Longtemps, ils étaient le plus souvent brûlés par l’intermédiaire d’une torchère. Waga Energy a trouvé un moyen de les valoriser et d’éviter le rejet de millions de tonnes de CO2 (dioxyde de carbone) et de CH4 (méthane) dans l’atmosphère. Deux gaz qui contribuent au réchauffement climatique.

« Nous sommes résolument compétitifs »

Grâce à leur « Wagabox », une mini-usine de traitement de la taille d’un terrain de basket, la société filtre, extraie l’oxygène et nettoie toutes les impuretés de ces gaz, afin de les transformer en biogaz, que l’on peut ensuite réinjecter dans le réseau de la ville. Le tout pour un coût moyen de 40 à 70 euros le mégawattheure (MWh), contre 80 à 130 euros pour celui issu de la méthanisation agricole. Un niveau compétitif, le gaz fossile se vendant, depuis septembre, au-delà de 63 euros le MWh.

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« Avec l’envolée des prix de l’énergie, nous sommes résolument compétitifs, salue Mathieu Lefebvre, le patron et cofondateur de Waga Energy. Cependant, nous avons construit notre modèle d’affaires sur un prix du gaz bien inférieur, car nous passons des contrats de revente de long terme, pour contrer la volatilité des marchés. »

Jusqu’à présent, Waga Energy a équipé dix décharges françaises et a lancé la construction d’équipements d’une dizaine d’autres dans l’Hexagone, mais aussi en Espagne, au Québec ou aux Etats-Unis. « Nous avons une centaine de projets en négociation, dont la majorité à l’étranger », indique M. Lefebvre.

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