Week-end sans voiture : cinq petites villes à découvrir en train

LA LISTE DE LA MATINALE

Voyager en train, c’est additionner les petits plaisirs, comme celui qui consiste à arriver en pleine ville, à pied d’œuvre, en s’épargnant la litanie des ronds-points et des zones commerciales et sans avoir à chercher une place pour la voiture. Cela vaut pour les grandes métropoles, mais pas seulement. De nombreuses petites villes ou bourgades (de 800 à 5 000 habitants), desservies par le réseau ferroviaire, promettent des visites dominicales ou de courtes vacances aussi dépaysantes que les plus intenses des « city treks ». La SNCF vient justement d’annoncer, d’ici à 2023, la création de nouvelles lignes Ouigo, qui ne se limiteront plus aux grandes villes. Retour garanti sans embouteillages !

Joinville, la cité des seigneurs

Le château du Grand Jardin, potager devant la façade ouest, à Joinville (Haute-Marne), en 2014.

Il ne faut pas confondre Joinville (Haute-Marne) avec Joinville-le-Pont, en banlieue parisienne, même si elles sont toutes deux arrosées par la Marne. Aux confins de la Champagne, de la Bourgogne et de la Lorraine, les seigneurs de Joinville recevaient, avant la Révolution, les rois de France et leur suite. Il reste de cette époque prestigieuse de somptueux hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, murs épais, larges cheminées et boiseries raffinées. On visite l’auditoire, un tribunal seigneurial du XVIe siècle, ainsi que les lugubres cellules de la prison. Les parterres, le labyrinthe et le verger du château du Grand-Jardin, un pavillon bâti par le duc de Guise à la Renaissance, invitent à une promenade paisible. L’ancien couvent des annonciades célestes, acquis par des particuliers et en cours de restauration, témoigne de la vie religieuse depuis le XVIe siècle. Avis aux amateurs, la municipalité cherche à attirer de nouveaux habitants prêts à acquérir et à rénover les vieilles demeures en pierre.

Ligne Châlons-en-Champagne – Culmont – Chalindrey. Un seul train direct par jour dans chaque sens, ainsi qu’une douzaine d’autocars.

Mers-les-Bains, la station Belle Epoque

Les villas de la Belle Epoque en front de mer, quartier historique né de la mode des bains de mer dès 1870, à Mers-les-Bains (Somme), en juin 2021.

Le bâtiment historique de la gare du Tréport, murs décrépis, toits en ardoise mansardés, est resté dans son jus. Pour Mers-les-Bains (Somme), il faut prendre à droite en sortant. Sur la digue, face à la Manche, les façades colorées, toutes différentes, attirent l’œil immédiatement. Les bow-windows en bois peint s’accrochent aux devantures Art nouveau, parfois ornées de motifs en céramique. Selon le Guide vert Michelin Sites et cités remarquables de France (deux volumes, Nord et Sud), Mers abrite pas moins de 400 villas, construites à la fin du XIXe siècle, lorsque la municipalité voulut attirer les premiers résidents secondaires venus de Paris ou d’Amiens. Au bout de la digue, le chemin grimpe sur la falaise, d’où le panorama, les jours les plus lumineux, s’étend de la baie de Somme aux hauteurs de Dieppe.

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