« Wendy » : une relecture ludique de « Peter Pan »

De gauche à droite : Devin France, Gavin Naquin, Gage Naquin, Romyri Ross et Yashua Mack dans le film « Wendy » de Benh Zeitlin.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Le premier long-métrage de Benh Zeitlin, Les Bêtes du Sud sauvage, avait obtenu la caméra d’or au Festival de Cannes, en 2012. Wendy, le deuxième film du jeune réalisateur new-yorkais, arrive presque dix ans plus tard, et confirme la nature singulière d’un cinéma tourné vers l’enfance, expérience sensorielle plutôt que chronique naturaliste, d’un panthéisme luxuriant et volontiers baroque.

Expérience particulière

Wendy, petite fille dont la mère travaille dans un restaurant pour routiers, au bord d’une voie ferrée, s’enfuit en sautant dans un wagon de marchandises, pour échapper à un destin que l’on imagine terne et sans relief, en compagnie de ses deux frères. Elle rencontre un espiègle gamin, Peter, qui va entraîner les enfants dans un voyage prenant une allure de périple initiatique sur une île où l’on ne vieillit jamais.

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On reconnaît très vite la trame du Peter Pan de James Matthew Barrie, transformé en expérience particulière où la sensation compte davantage que le récit (jamais perdu de vue pourtant). Le spectateur est plongé au cœur d’une odyssée tout à la fois ludique et cognitive. L’immersion, dans une œuvre où l’eau devient un élément majeur, est l’exigence formelle centrale d’un film qui a les qualités de ses défauts. Les partis pris du cinéaste y sont à la fois originaux et non dénués d’une certaine afféterie.

« Wendy », film américain de Benh Zeitlin. Avec Devin France, Yashua Mack, Gage Naquin. (1 h 52). Sur le Web : www.condor-films.fr/film/wendy/