Zemmour, Matzneff, Camus… Ces auteurs polémiques qui s’auto-éditent

Eric Zemmour en 2021.

2021 : Eric Zemmour n’a pas dit son dernier mot

Parce que son éditeur, Albin Michel, après avoir publié cinq de ses livres, n’a pas souhaité faire paraître son nouvel essai, Eric Zemmour a décidé de le faire lui-même. Le pamphlétaire, candidat pas encore déclaré à la présidentielle de 2022, condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale ou religieuse, a ranimé sa société Rubempré, fondée il y a douze ans, pour la transformer en maison d’édition. La France n’a pas dit son dernier mot, à paraître le 16 septembre, reprend ses thèmes fétiches (immigration, islam, déclin).

Gabriel Matzneff  en 2020.

2021 : Gabriel Matzneff contre-attaque

Après avoir publié des dizaines d’ouvrages sans jamais avoir été inquiété pour apologie de la pédophilie, Gabriel Matzneff a fini par être lâché par Gallimard, son éditeur historique, à la suite de la sortie du Consentement, de Vanessa Springora (Grasset, 2020). En réponse à ce livre, l’auteur a édité Vanessavirus, 85 pages, vendu par souscription à une centaine de personnes choisies par l’auteur. Le romancier de 84 ans, aux accointances très à droite, a annoncé qu’il s’agissait là de son dernier livre : « Mis au ban de la société française, je ne voulais, je ne pouvais pas disparaître avant d’avoir murmuré quelques mots à l’oreille de Vanessa. »

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Julien Rochedy en 2018.

2020 : Julien Rochedy philosophe contre « la bien-pensance »

L’ex-directeur national du Front national de la jeunesse (FNJ), qui se présente à 33 ans comme un « retraité de la politique », consacre encore beaucoup de temps à diffuser ses idées sur Internet et dans des livres. L’avant-dernier, Nietzsche l’actuel, autoédité et vendu sur son site, est décrit par l’auteur comme « un livre radical et complet pour connaître et comprendre les grands concepts nietzschéens ». Un ouvrage écrit dans la foulée d’une vidéo YouTube dans laquelle il discourait sur la « bien-pensance et le faux humanisme larmoyant » que « Nietzsche avait prévu en Europe » (Marianne, 4 avril 2021).

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Renaud Camus en 2019.

2013 : Renaud Camus livre son journal

Après avoir publié plus d’une vingtaine d’essais, de romans et de journaux aux éditions P.O.L et aux éditions Fayard, l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus fait paraître chaque année, depuis 2013, son journal en « auto-édition ». Cette chronique de sa vie quotidienne et de ses idées ne trouvait plus preneur depuis que l’auteur a fait de la théorie du « grand remplacement » sa grande obsession. En 2012, dans une réponse publique à son ancien ami Emmanuel Carrère, Renaud Camus revendiquait d’être devenu pour le monde littéraire une « bête noire », un auteur « chassé de partout ».

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Marc-Edouard Nabe en 2015.

2010 : Marc-Edouard Nabe écrit à tout prix

Un pavé de 700 pages vendu dans des charcuteries, des fromageries et autres commerces de proximité : c’est ainsi que Marc-Edouard Nabe a marqué son entrée dans l’autoédition en 2010 après avoir décidé d’en finir avec les « éditeurs blasés et des libraires ­boycotteurs ». Imprimé à 1 000 exemplaires, son roman L’Homme qui arrêta d’écrire, également vendu sur son site Internet, a fini sur la liste du Renaudot, une première dans l’histoire des prix littéraires. Depuis, le romancier accusé d’antisémitisme et critiqué pour son apologie du terrorisme ­islamiste est resté fidèle à cette pratique.