Zoom propose 14,7 milliards de dollars pour acquérir le fournisseur de logiciels de cloud Five9

Près de 15 milliards de dollars (12,7 milliards d’euros) : telle est l’offre que le géant de la visioconférence Zoom a déposée, dimanche 18 juillet, pour acquérir Five9, spécialiste du contact client. L’opération, qui doit encore recevoir l’aval des actionnaires de l’entreprise cible et celle des autorités de la concurrence américaine, ne devrait être finalisée qu’au cours du premier semestre 2022.

Dans un post de blog, le patron de Zoom, Eric Yuan, indique que la combinaison des deux entités doit permettre de « transformer la manière dont les entreprises communiquent avec leurs clients ». Dans un premier temps, les deux sociétés vont pouvoir mettre en commun leurs bases de clients respectives pour proposer leurs solutions.

Five9 est l’une des sociétés qui dominent le secteur du contact client, avec d’autres compagnies comme Nice, Genesys ou Talkdesk. Sa solution, entièrement basée sur le cloud (informatique dématérialisé), a l’avantage de proposer une plate-forme multicanal permettant aux clients des entreprises de les joindre par tout type de moyen de communication : appel, SMS, réseaux sociaux, etc. En outre, l’outil est intégré avec les systèmes d’information des entreprises pour leur permettre d’assurer le suivi des demandes.

Le poids de la compagnie fondée en 2001 se traduit par sa valorisation en Bourse : près de 12 milliards de dollars. En 2020, elle a dégagé un chiffre d’affaires de 435 millions de dollars, en hausse de 33 % par rapport à l’année précédente. Elle revendique 2 000 clients, dont beaucoup de multinationales (Salesforce, Under Armour, Siemens…) et dit gérer 7 milliards d’interactions clients par an.

Secteur central

En face, Zoom affiche des performances encore plus impressionnantes : propulsée par la consécration du télétravail à la faveur de la crise du Covid-19, elle pèse 107 milliards de dollars en Bourse et a vu son chiffre d’affaires plus que quadrupler entre les exercices 2019 et 2020, pour atteindre 2,65 milliards de dollars.

Dans ces conditions, le spécialiste de la visioconférence a tout intérêt à investir pour repousser la concurrence de Microsoft Teams, d’Oracle ou de WebEx, voire d’Apple, qui affiche de nouvelles ambitions. Mais pour Thomas Husson, analyste principal chez Forrester, l’intérêt de l’opération va au-delà : « Cela participe de la volonté de Zoom de créer une plate-forme de services. Elle ne veut plus seulement être cantonnée à cette image de la killer app héritée de la crise du Covid-19. »

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